Abdallah Rabhi, ancien secrétaire d’État à l’Agriculture, a indiqué ce vendredi que l’activation des sirènes d’alerte au niveau du barrage de Beni Mtir a précédé une opération de délestage des eaux stockées. Cette manœuvre visait à réduire la pression sur l’ouvrage après la montée rapide du niveau, conséquence directe des fortes pluies enregistrées ces derniers jours.
Selon ses explications sur les ondes d’Express FM, une partie des volumes excédentaires a été redirigée vers le barrage de Bouhertma, qui dispose encore d’une marge de stockage. Ce transfert s’inscrit dans un système hydraulique interconnecté reliant notamment ce barrage au barrage de Sidi Salem via l’oued Medjerda, permettant une meilleure répartition des ressources en eau à l’échelle nationale.
Un dispositif préventif
Le déclenchement des sirènes relève d’un dispositif préventif destiné à alerter les populations installées à proximité des oueds, afin de les inciter à la vigilance et à éviter les zones à risque.
Par ailleurs, Rabhi a souligné que des commissions techniques, mobilisant l’ensemble des intervenants du secteur, assurent un suivi permanent de la situation afin d’anticiper tout danger d’inondation.
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Sur le plan global, le taux de remplissage des barrages en Tunisie atteint actuellement près de 67 %, avec des écarts régionaux marqués. Plusieurs retenues dans le gouvernorat de Jendouba frôlent la saturation, tandis que le barrage de Bouhertma conserve une capacité d’absorption pour d’éventuels apports supplémentaires.
Rappelons que selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), il se situait autour de 36,5 % à la mi-avril 2025, avec environ 865 millions de m³ stockés dans l’ensemble du réseau des barrages.
Barrage de Sidi Salem
Quant au barrage de Sidi Salem, le plus important du pays avec une capacité d’environ 643 millions de mètres cubes, il affiche un taux de remplissage supérieur à 60 %, laissant encore une marge pour accueillir de nouvelles quantités d’eau.
Rabhi a insisté sur l’efficacité du système interconnecté des barrages tunisiens, qui favorise une gestion rationnelle des ressources hydriques et limite les pertes. Il a également appelé à une utilisation plus responsable de l’eau, tout en relevant l’impact favorable des récentes précipitations sur les terres agricoles et les grandes cultures.