Le ministère de l’Intérieur a annoncé, vendredi soir, l’arrestation des personnes impliquées dans une vidéo largement diffusée ces derniers jours sur les réseaux sociaux, montrant l’agression d’une ressortissante d’Afrique subsaharienne en Tunisie. Selon le département, les faits remonteraient à environ cinq ans et les images auraient été relayées depuis deux continents différents.
Le ministère indique que les services de sécurité ont ouvert des investigations dès l’apparition des images, bien qu’aucune plainte n’ait été déposée. Les enquêtes ont permis d’identifier les personnes impliquées et de procéder à leur interpellation.
Une vidéo au cœur d’une vive émotion
La séquence, devenue virale jeudi, a suscité une vive indignation sur les réseaux sociaux. Sa nature exacte n’a pas été détaillée par le ministère de l’Intérieur, mais plusieurs récits concordants évoquent une agression sexuelle visant une femme originaire d’Afrique subsaharienne.
Le communiqué publié vendredi soir ne précise toutefois ni la qualification des faits ni les circonstances exactes de l’agression présumée.
Une vidéo ancienne, une diffusion suspecte
Selon le ministère, les recherches ont établi que les événements filmés ne sont pas récents et remonteraient à environ cinq ans.
Le communiqué précise également que les images ont été diffusées à partir de deux continents différents avant de connaître une large circulation ces derniers jours. Les investigations se poursuivent afin de déterminer les circonstances de cette remise en circulation plusieurs années après les faits.
L’Intérieur évoque des tentatives de « déformation » et d’« instrumentalisation »
Dans son communiqué, le ministère estime que la diffusion de la vidéo s’est accompagnée de « tentatives de déformation et d’instrumentalisation ». Tout en affirmant sa volonté de faire respecter la loi à l’encontre des auteurs d’infractions, il réaffirme l’engagement de l’État à garantir les droits et la dignité de toute personne présente sur le territoire tunisien.
Le département rappelle également son attachement à une approche qualifiée d’humanitaire dans la gestion de la migration irrégulière, ainsi que sa volonté de poursuivre les programmes de retour volontaire vers les pays d’origine.
Un schéma récurrent : vidéo virale, enquête, arrestation
Ce n’est pas la première fois que la diffusion d’une vidéo impliquant des ressortissants d’Afrique subsaharienne déclenche une vive émotion et une réaction des autorités. En septembre 2020, une vidéo tournée à Sousse montrant un citoyen s’en prendre à deux ressortissants subsahariens avait déjà conduit à l’ouverture d’une enquête.
Dans un contexte où l’authenticité de nombreuses vidéos circulant sur la question migratoire reste invérifiable, l’affaire illustre les limites d’une information façonnée par les réseaux sociaux — qui précède, et parfois devance, l’enquête judiciaire.
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