Le marché automobile tunisien renoue avec la croissance, mais derrière les chiffres se dessine une mutation plus profonde. Selon les données relayées par TAP, 21 334 voitures neuves ont été écoulées au premier trimestre 2026, contre 17 441 un an plus tôt — une progression qui dépasse le simple effet de rattrapage et traduit une recomposition durable du secteur.
Une croissance à deux vitesses
La hausse des ventes repose sur deux dynamiques parallèles. Les concessionnaires agréés affichent une progression de 22%, avec 14 465 véhicules vendus. Dans le même temps, le marché parallèle confirme son ancrage : 6 869 voitures écoulées, en hausse de 23,1% — un rythme légèrement supérieur à celui du circuit officiel. Ce différentiel révèle qu’une partie de la demande se déplace vers des canaux jugés plus accessibles, au détriment relatif des opérateurs agréés.
L’Asie s’installe, l’Europe résiste sans convaincre
Sur le plan concurrentiel, la hiérarchie se stabilise autour d’un trio asiatique : Hyundai (11,63% de part de marché), Isuzu (9,23%) et Kia (7,38%). Les voitures particulières enregistrent la progression la plus marquée du trimestre (+24,3%, pour 10 224 unités), portées par ces trois marques, tandis que les utilitaires affichent une hausse de 16,6%, avec Isuzu dominant à plus de 31% de part de marché. Peugeot et Citroën restent présentes, sans inverser la tendance.
Le pouvoir d’achat dicte ses choix
Le segment des voitures populaires illustre les arbitrages des ménages sous contrainte. Avec 1 844 unités vendues depuis le début de l’année — dont 741 en mars —, la demande se concentre sur des modèles accessibles : Hyundai Grand i10, Renault Kwid, Chery Tiggo 1X. Chery s’y distingue particulièrement, avec des ventes multipliées par plus de sept en un an. Au-delà de la performance globale, la question reste entière : cette croissance traduit-elle un marché plus solide, ou un déséquilibre croissant entre circuit officiel et informalité ?
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