À l’approche de l’Aïd El Idha, les tensions s’accentuent sur le marché des viandes rouges. Le vice-président de la Chambre nationale des bouchers, Yahya Nasr, tire la sonnette d’alarme sur un déficit du cheptel national, une envolée des prix à la production et un risque réel de perturbation de l’approvisionnement pendant la période du sacrifice.
Prix “insoutenables” dénoncés
Intervenant ce jeudi sur les ondes de la Radio nationale, Yahya Nasr a estimé que les prix pratiqués actuellement par les éleveurs dépassent souvent les prix de vente en boucherie, mettant les professionnels dans une situation économiquement intenable.
Selon lui, cette pression réduit fortement les marges des bouchers et complique la couverture des frais d’exploitation, alors même que la demande devrait fortement augmenter dans les semaines précédant l’Aïd.
Un cheptel insuffisant face au pic de la demande
Le responsable de la profession évoque un cheptel national incapable de couvrir les besoins du sacrifice, ce qui alimente les craintes d’une pénurie sur le marché des viandes rouges.
Pour éviter une rupture d’approvisionnement et contenir la hausse des prix, il appelle à une intervention directe de la présidence de la République, avec l’importation massive de viandes rouges réfrigérées une dizaine de jours avant l’Aïd. Cette mesure viserait à injecter rapidement des volumes supplémentaires dans les circuits de distribution au moment du pic de consommation.
Contrôles renforcés et prix de référence réclamés
Au-delà de l’importation, Yahya Nasr réclame un durcissement des contrôles sur les marchés aux bestiaux afin de freiner la spéculation et les manipulations de prix.
La profession plaide également pour la fixation d’un prix de référence officiel, afin de mieux encadrer les transactions et d’éviter les flambées incontrôlées à l’approche de la fête.
Pour les bouchers, l’enjeu dépasse la seule période de l’Aïd : l’équilibre du marché après la fête dépendra directement des décisions prises dans cette phase jugée décisive pour la filière.