L’image des plages nettoyées avant l’été ne dit pas tout. Cette année, sur une partie du littoral tunisien, l’enjeu n’est pas seulement d’enlever des déchets, mais de récupérer ce que les tempêtes de janvier ont déplacé : le sable lui-même. Invité sur les ondes de la Radio Nationale, Nabil Mokhtar, directeur du programme national de nettoyage des plages à l’APAL, a décrit une situation marquée par des dégâts inhabituels et une mobilisation tout aussi exceptionnelle.
Une intervention imposée par les tempêtes
En principe, le littoral est laissé au repos durant l’hiver. Mais cette année, les fortes tempêtes ont bouleversé cet équilibre. Dans plusieurs régions — de Nabeul à Tabarka en passant par Sousse ou La Goulette — le sable a été projeté vers les routes et les zones urbaines, parfois au point de bloquer des accès.
Face à ces dégâts, l’APAL a dû intervenir plus tôt que prévu. L’objectif n’était pas seulement de nettoyer, mais surtout de remettre le sable à sa place, sur les plages.
Le sable, un enjeu central
Derrière ces opérations, un constat simple : le sable est une ressource précieuse. Lorsqu’il quitte le rivage, il ne revient pas facilement. Sa perte fragilise directement les plages et rend leur restauration coûteuse.
C’est pourquoi les interventions menées ces dernières semaines ont consisté, dans plusieurs cas, à réinjecter le sable déplacé, avec l’appui des municipalités, d’associations et même de certains acteurs privés mobilisés sur le terrain.
Toutes les zones n’ont pas été traitées en même temps. Certaines opérations sont déjà achevées, d’autres, comme à Monastir, sont en cours. Le choix du calendrier n’est pas anodin : intervenir trop tôt, alors que les conditions restent instables, risquerait d’annuler les efforts engagés.
Selon le responsable, la période actuelle — entre avril et début de l’été — est la plus favorable, car le littoral retrouve progressivement une forme de stabilité.
Un programme en extension
Parallèlement, le programme national de nettoyage mécanique continue de s’élargir. Le nombre de plages concernées est passé de 133 à 154 cette année. Une évolution qui s’explique notamment par les demandes des municipalités, intégrées dans un processus de concertation avec l’APAL et les autorités concernées.
Selon les données publiées en 2025, ce programme couvrait 133 plages réparties sur environ 192 kilomètres de littoral, pour une superficie estimée à près de 5 739 hectares. Aucune surface globale actualisée n’a toutefois été précisée pour 2026 dans l’intervention radio.
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