La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a achevé, vendredi 22 mai, l’interrogatoire des accusés détenus dans le dossier dit de l’« appareil secret » attribué au mouvement Ennahdha. Une phase importante du procès s’achève, tandis que les audiences doivent se poursuivre mardi prochain avec les prévenus comparaissant en liberté.
Une première phase d’auditions close pour les détenus
La justice tunisienne a franchi un tournant procédural dans ce dossier sensible. Les interrogatoires des prévenus placés en détention ont été bouclés par la chambre criminelle spécialisée, mettant fin à une première séquence d’audiences centrée sur les principaux accusés incarcérés.
Parmi les personnes entendues figurent notamment l’ancien directeur central de la lutte contre le terrorisme à El Gorjani, le dirigeant d’Ennahdha Abdelaziz Deghsni, ainsi qu’un ancien haut responsable des services spécialisés au ministère de l’Intérieur.
Un dossier tentaculaire impliquant 35 accusés
Le dossier reste d’une ampleur significative avec 35 personnes mises en cause au total. Cinq d’entre elles sont actuellement en détention dans le cadre de cette procédure, dont le président du mouvement Rached Ghannouchi. D’autres accusés sont détenus dans des affaires distinctes, tandis que douze comparaissent libres et onze sont en fuite.
Les auditions avaient débuté la semaine précédente avec l’ancien ministre de l’Intérieur Ali Laarayedh et son ancien conseiller, ouvrant une série d’interrogatoires à forte charge politique et judiciaire.
Une affaire ouverte depuis 2022 et toujours sous haute sensibilité
L’affaire de l’« appareil secret » a été déclenchée en 2022 à la suite d’une plainte du comité de défense des dirigeants assassinés Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Initialement instruite par le Tribunal de première instance de l’Ariana, elle a ensuite été transférée en 2023 au Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, compétent pour les dossiers de cette nature.
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