La chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis I a prononcé de lourdes peines de prison contre douze accusés, dont le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, ainsi que plusieurs cadres du parti. Selon une source judiciaire, les faits retenus portent notamment sur l’atteinte à l’intégrité de l’État, l’incitation à la violence civile et le complot contre la sûreté de l’État.
Ghannouchi et deux dirigeants condamnés à 20 ans
Rached Ghannouchi, ainsi que Youssef Nouri et Ahmed Mechergui, ont été condamnés à 20 ans de prison chacun.
Le jugement marque une nouvelle étape judiciaire majeure dans les affaires visant plusieurs figures de l’opposition islamo-conservatrice tunisienne, déjà fragilisée par une série de poursuites ouvertes depuis 2023.
Cinq accusés en fuite condamnés
Le tribunal a également prononcé des peines de 20 ans avec exécution immédiate contre cinq accusés en fuite, parmi lesquels Mohamed Cheniba, ancien responsable de l’action étudiante, Rafik Bouchlaka, ancien ministre des Affaires étrangères, Maher Zid, ex-député, Mohamed Smati, blogueur, et Mokdad Mejri, journaliste.
Tous sont poursuivis pour les mêmes qualifications pénales liées à la sûreté de l’État et à l’incitation à la violence civile.
Quatre autres cadres écopent de 3 ans
Quatre autres responsables d’Ennahdha, poursuivis en liberté, ont été condamnés à trois ans de prison chacun pour complot contre la sûreté intérieure de l’État. Il s’agit de Belgacem Hassan, Mohamed Goumani, Abdallah Seghiri, et Mouaffakbellah Kaabi.
Cette gradation des peines reflète, selon la source judiciaire, le degré d’implication retenu pour chaque accusé.
Une affaire née de déclarations de 2023
L’affaire trouve son origine dans des propos attribués à Rached Ghannouchi lors d’une veillée ramadanesque organisée en 2023 par le Front de salut national.
Ces déclarations avaient été jugées susceptibles de relever de plusieurs infractions graves relatives à la sûreté de l’État, ce qui avait conduit à l’ouverture de poursuites et à la saisine de la juridiction compétente.