La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter au 14 avril l’examen de l’affaire visant Mehdi Ben Gharbia, Youssef Chahed et un troisième accusé. Le renvoi a été prononcé à la demande des avocats de la défense, rapporte Mosaique fm. Les poursuites sont engagées sous la qualification d’infractions à caractère terroriste.
Le choix de la chambre antiterroriste n’est pas anodin. En vertu de la législation tunisienne de 2015, cette juridiction traite des affaires relevant d’un champ pénal élargi : au-delà des actes violents, la qualification peut concerner des soupçons de financement, de facilitation, de logistique ou de liens présumés avec des réseaux considérés comme menaçant la sûreté de l’État.
A ce stade, aucune communication officielle n’a détaillé la nature précise des faits reprochés ni la période concernée.
Ben Gharbia, déjà au cœur de plusieurs procédures
Incarcéré depuis 2021 dans des affaires à dominante financière, douanière et administrative, Mehdi Ben Gharbia voit certains volets judiciaires requalifiés ou élargis ces dernières années sous l’angle de la législation antiterroriste, ce qui a complexifié sa situation pénale.
L’homme d’affaires et ancien ministre, avait été condamné en janvier 2025 à quatre ans de prison et à une amende de cinquante mille dinars pour corruption financière et administrative au sein de deux sociétés de transport et de conseils qui lui appartiennent.
Quelques mois plus tard, en juin, la justice avait prononcé huit ans supplémentaires, répartis sur quatre dossiers distincts de corruption financière, blanchiment et fraude douanière contre l’ancien ministre des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les droits de l’homme.
A ces condamnations financières s’ajoute un dossier beaucoup plus sensible : celui du meurtre de Rahma Lahmar, retrouvée morte en 2020 à Aïn Zaghouan.
Une affaire à forte portée institutionnelle
Concernant l’ancien Chef du gouvernement, Youssef Chahed, en fuite à l’étranger, il se retrouve cité dans une procédure dont les contours restent, pour l’heure, non publics.
La concomitance entre un ancien ministre, un ancien chef du gouvernement et la juridiction antiterroriste confère à cette affaire une portée judiciaire et politique particulière. Le report accordé à la défense repousse désormais l’examen du fond au 14 avril, date à laquelle des éléments plus précis pourraient émerger sur la configuration du dossier.
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