Depuis plusieurs mois, plusieurs gouvernements multiplient les recommandations invitant leurs citoyens à conserver chez eux des réserves de nourriture, d’eau potable et des équipements de première nécessité. Les durées préconisées varient de trois jours à dix jours selon les pays. Ces consignes, récemment remises en avant au Royaume-Uni et au Japon, répondent à une préoccupation commune : préparer les populations à faire face à une crise susceptible de perturber les services essentiels, qu’il s’agisse d’une catastrophe naturelle, d’une cyberattaque ou d’un conflit armé.
Le 22 octobre 2026, le gouvernement britannique a lancé une nouvelle campagne nationale baptisée « Be Ready », invitant les ménages à disposer de réserves suffisantes pour faire face à trois jours de perturbations. La liste comprend notamment de l’eau potable, des aliments non périssables, une trousse de premiers secours, des médicaments indispensables, une lampe de poche, une radio à piles, une batterie externe pour téléphone et de l’argent liquide.
Des réserves pour tenir les premiers jours d’une crise
Les autorités britanniques recommandent notamment de prévoir trois litres d’eau potable par personne et par jour. L’objectif est de permettre aux familles de continuer à satisfaire leurs besoins essentiels en cas de coupure d’électricité, d’eau, d’Internet ou de perturbation des réseaux de transport et de distribution. Les intempéries, les inondations, les incendies et les cyberattaques figurent parmi les risques évoqués par les autorités.
Au Japon, une nouvelle demande officielle a été formulée le 2 novembre 2026 par l’Agence de gestion des catastrophes. Les autorités appellent les citoyens à constituer des réserves d’eau et de nourriture pour au moins trois jours, et idéalement une semaine. La recommandation prévoit également des toilettes portables et des produits d’hygiène. Elle s’inscrit dans un contexte de risques sismiques importants, notamment les séismes susceptibles de toucher la fosse de Nankai, la région de Tokyo et d’autres zones du territoire, ainsi que le risque d’éruption du mont Fuji.
Les recommandations ne sont toutefois pas identiques partout. En Allemagne, l’Office fédéral de la protection civile conseille aux ménages de pouvoir subvenir à leurs besoins pendant dix jours. En Suède et en Norvège, les autorités préconisent environ une semaine d’autonomie.
Cette orientation ne date pas de cette année. En mars 2025, la Commission européenne avait présenté sa stratégie de préparation de l’Union aux crises, avec notamment un objectif d’autonomie minimale de 72 heures pour la population. Cette stratégie couvre plusieurs catégories de risques, dont les conflits armés, les cyberattaques, les catastrophes climatiques, les crises sanitaires et les perturbations des infrastructures essentielles.
Derrière ces recommandations se trouve un constat : les sociétés modernes dépendent fortement de réseaux interconnectés dont l’interruption peut rapidement affecter la vie quotidienne. Une panne électrique prolongée peut perturber les télécommunications, les systèmes de paiement, les approvisionnements en eau et le fonctionnement des commerces. Une cyberattaque contre des infrastructures stratégiques peut également provoquer des perturbations en chaîne, même sans destruction physique.
Guerre, cyberattaques et catastrophes : pourquoi les autorités insistent-elles ?
Les catastrophes naturelles constituent un autre facteur majeur. Un séisme, une inondation ou une tempête importante peut rendre certaines routes impraticables, interrompre les livraisons et empêcher temporairement les services de secours d’atteindre toutes les zones touchées. Dans les premières heures, les autorités doivent alors concentrer leurs moyens sur les personnes les plus exposées et les situations les plus urgentes.
C’est précisément la logique des 72 premières heures. Cette période constitue un objectif pratique de préparation : permettre aux ménages de tenir pendant que les services publics organisent les secours, rétablissent les réseaux et assurent l’approvisionnement des zones touchées. Il ne s’agit pas d’un délai scientifique garantissant le retour à la normale, mais d’un minimum d’autonomie recommandé pour limiter la dépendance immédiate aux secours.
Lire aussi : L’Europe se prépare à un scénario de guerre : Les déclarations qui inquiètent
La dimension militaire et géopolitique est également présente, particulièrement en Europe. La guerre en Ukraine, les tensions internationales et les menaces visant les infrastructures stratégiques ont conduit plusieurs gouvernements à intégrer davantage les scénarios de conflit dans leurs politiques de protection civile. En Allemagne, les autorités ont notamment actualisé leurs recommandations en tenant compte des interrogations de la population sur les risques liés à la guerre.
Ces campagnes ne signifient cependant pas que les gouvernements disposent d’informations annonçant une guerre ou une catastrophe imminente. Elles traduisent plutôt une volonté de ne plus limiter la préparation aux seules institutions publiques et aux services de secours, mais d’y associer directement les ménages.