Le Canada modifie, à partir de ce mardi 3 novembre 2026, les critères de sélection des candidats à l’immigration économique. Les nouvelles dispositions concernent le système Entrée express, qui permet aux travailleurs qualifiés étrangers de présenter une demande de résidence permanente. Elles accordent une place plus importante à l’expérience professionnelle acquise au Canada et aux offres d’emploi dans les professions à hauts salaires. Ces changements concernent également les candidats tunisiens, mais leurs effets varient selon leur parcours et leur situation professionnelle.
Entrée express : comment fonctionne le système canadien ?
Entrée express est le dispositif utilisé par le Canada pour gérer les demandes de résidence permanente de plusieurs catégories de travailleurs qualifiés. Il concerne notamment les travailleurs qualifiés sélectionnés au niveau fédéral, les travailleurs de métiers spécialisés et les candidats de la catégorie de l’expérience canadienne.
La procédure repose sur un système de classement par points, appelé Système de classement global (SCG ou CRS). Les candidats créent un profil en ligne et sont évalués selon plusieurs critères : leur âge, leur niveau d’études, leur maîtrise de l’anglais ou du français, leur expérience professionnelle et certains autres facteurs.
Les profils sont ensuite classés dans un bassin de candidats. A intervalles réguliers, les autorités canadiennes organisent des rondes de sélection et invitent les personnes ayant obtenu les scores requis à présenter une demande de résidence permanente.
Plus le score est élevé, meilleures sont donc les chances de recevoir une invitation. C’est précisément sur ce mécanisme que portent les changements entrés en vigueur le 3 novembre.
Quels sont les principaux changements ?
La réforme introduit de nouveaux avantages pour deux catégories de candidats.
La première concerne les personnes qui possèdent une offre d’emploi admissible dans une profession à hauts salaires au Canada. Selon le niveau de rémunération médian associé à leur profession, elles peuvent obtenir 50, 70 ou 100 points supplémentaires.
La seconde concerne les candidats qui ont déjà acquis une expérience professionnelle admissible au Canada dans ces mêmes catégories de professions. Une expérience d’au moins douze mois peut leur rapporter 20, 40 ou 70 points supplémentaires, selon le niveau salarial de leur métier.
Le salaire pris en compte ne correspond pas simplement à la rémunération proposée à un candidat particulier. Il repose sur le salaire médian de la profession au Canada, comparé au salaire médian de référence dans le pays.
Autre changement important : l’étude d’impact sur le marché du travail (EIMT ou LMIA) n’est plus exigée pour les offres d’emploi admissibles utilisées dans le cadre d’Entrée express. Cette évolution allège les démarches, mais ne supprime ni l’obligation de disposer d’une véritable offre d’emploi lorsque celle-ci est nécessaire, ni les contrôles des autorités canadiennes.
Quel impact pour les candidats tunisiens ?
Pour les Tunisiens qui vivent et travaillent encore dans leur pays et souhaitent émigrer au Canada, la réforme ne donne pas automatiquement de points supplémentaires. Leur expérience professionnelle acquise en Tunisie continue d’être prise en compte selon les critères habituels, mais elle ne donne pas accès aux nouveaux bonus liés à l’expérience canadienne.
En revanche, un candidat tunisien qui obtient une offre d’emploi admissible dans une profession à hauts salaires au Canada peut bénéficier des nouveaux points. Il en va de même pour les Tunisiens qui travaillent déjà au Canada et remplissent les conditions relatives à l’expérience professionnelle.
La distinction est donc importante : cette réforme ne crée pas une nouvelle voie d’immigration réservée aux Tunisiens et ne facilite pas automatiquement le départ depuis la Tunisie. Elle modifie le classement des candidats en accordant davantage de poids à certains profils professionnels.
Les candidats déjà inscrits concernés
Les personnes dont le profil figure déjà dans le bassin Entrée express verront leur score recalculé automatiquement selon les nouvelles règles. Cette opération pourrait prendre jusqu’à deux semaines, période durant laquelle les rondes d’invitations seront suspendues.
Les candidats concernés devront notamment vérifier que les informations relatives à leur expérience professionnelle et à leur éventuelle offre d’emploi sont correctement renseignées dans leur profil.
Pour les candidats tunisiens, l’intérêt de la réforme dépendra donc avant tout de leur situation : disposer d’une offre d’emploi répondant aux critères canadiens ou avoir déjà acquis une expérience professionnelle admissible au Canada peut désormais faire une différence dans le classement.
Lire aussi :