La contestation lycéenne ne retombe pas en France. Entré dans sa troisième semaine, le mouvement continue de perturber plusieurs centaines d’établissements et doit connaître un nouveau temps fort mardi 6 octobre avec une journée nationale de mobilisation. Le ministère de l’Éducation nationale estime qu’entre 400 et 500 lycées, sur environ 3700, connaissent ce lundi une suspension totale ou partielle des cours.
Une mobilisation partie de Créteil
Le mouvement avait débuté le 21 septembre dans un lycée de Créteil, en région parisienne, autour de la question des postes d’enseignants non pourvus. En quelques jours, la contestation s’est étendue à d’autres établissements franciliens avant de gagner plusieurs régions françaises.
Les lycéens dénoncent notamment le manque d’enseignants, les classes surchargées, l’état de certains bâtiments scolaires et, plus largement, les moyens consacrés à l’enseignement public. D’autres revendications concernent également les conditions d’accès à l’enseignement supérieur et Parcoursup, la plateforme nationale d’admission.
L’ampleur du mouvement s’est rapidement accrue. Le 1er octobre, près de 30% des lycées français avaient été concernés par les actions de mobilisation, selon Le Monde. Dans la région parisienne, environ 160 établissements devaient encore être fermés ou fortement perturbés ce lundi, soit près d’un tiers des lycées de la région.
Une nouvelle journée d’action mardi
La rencontre, vendredi 2 octobre, entre le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray et les représentants des organisations lycéennes n’a pas permis de mettre fin au mouvement. Les représentants lycéens ont annoncé leur volonté de poursuivre la mobilisation et appelé à une nouvelle journée d’action mardi 6 octobre. Plusieurs organisations syndicales ont également annoncé leur soutien à cette journée.
Face à la persistance de la contestation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de travailler sur plusieurs des revendications avancées par les lycéens, notamment le remplacement des enseignants, l’état des locaux scolaires, l’organisation des journées, la transparence de Parcoursup et la prise en compte de la parole des élèves. Le gouvernement indique également que le projet de budget 2027 prévoit une hausse de 1,2 milliard d’euros pour l’Éducation nationale.
Des tensions qui compliquent la sortie de crise
La mobilisation est également marquée par des incidents violents en marge des blocages. Le ministère fait état de 24 établissements incendiés ou saccagés et de 78 personnels de l’Éducation nationale blessés depuis le début du mouvement. Selon les autorités citées par Reuters, environ 5000 personnes, majoritairement des adolescents, ont par ailleurs été interpellées depuis la semaine dernière.
À la veille de la nouvelle journée nationale, les autorités redoutent désormais de nouveaux débordements. Pour le gouvernement, l’enjeu est double : répondre aux revendications exprimées dans les établissements tout en empêchant que les manifestations ne dégénèrent davantage. Pour les organisations lycéennes, la mobilisation doit au contraire se poursuivre afin de maintenir la pression sur l’exécutif.
Le mouvement, parti d’un problème local de postes d’enseignants, s’est ainsi transformé en une contestation nationale portant plus largement sur les conditions d’études et les moyens de l’école publique.
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