Le gouvernement espagnol a décidé de laisser la justice examiner la demande d’extradition vers les États-Unis de Fergie Chambers, homme d’affaires américain installé en Tunisie et connu notamment pour son soutien financier au Club Africain.
Réuni mardi 22 septembre 2026, le Conseil des ministres a « autorisé la continuation » de la demande américaine. Le gouvernement avait été appelé par plusieurs formations de gauche à bloquer la procédure à ce stade, mais a choisi de transmettre le dossier à l’Audiencia Nacional.
Cette décision ne signifie pas que l’Espagne a accepté d’extrader Chambers. La porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, a insisté sur son caractère procédural. La justice espagnole doit maintenant examiner la demande américaine et les arguments de la défense avant qu’une décision définitive puisse être prise.
Arrêté à Ibiza depuis le 10 juillet
Fergie Chambers a été arrêté le 10 juillet 2026 à Ibiza à la demande des États-Unis. Il est depuis détenu en Espagne.
Washington lui reproche plusieurs opérations financières et réclame son extradition. En août, Webdo avait rapporté le contenu de la notice rouge d’Interpol révélée par le quotidien espagnol El País. Le document mentionnait trois chefs d’accusation : blanchiment d’argent, émeute et complot en vue de provoquer une émeute.
Le dossier comporte également un important volet tunisien. Parmi les transactions examinées par les autorités américaines figure un transfert d’environ 7,5 millions de dollars vers la Tunisie.
La défense de Chambers soutient que ces fonds étaient destinés au Club Africain, notamment pour régler des dettes et des salaires et financer des infrastructures. Cette version est contestée dans le cadre du dossier américain et n’a pas été établie par une décision judiciaire.
Sumar s’oppose à la décision du gouvernement
L’affaire divise désormais ouvertement la coalition gouvernementale espagnole.
Les ministres de Sumar ont présenté lors du Conseil des ministres un document contenant leurs arguments juridiques en faveur de l’arrêt de la procédure. Enrique Santiago, député de Sumar et porte-parole d’Izquierda Unida, a ensuite vivement critiqué la position du PSOE.
Podemos et le BNG ont également demandé au gouvernement espagnol de rejeter l’extradition.
La défense de Chambers est dirigée par Baltasar Garzón, ancien juge de l’Audiencia Nacional. Après la décision du gouvernement, celui-ci a dénoncé une incohérence de l’exécutif espagnol et soutenu que son client faisait l’objet d’une persécution politique aux États-Unis en raison de son engagement en faveur de la Palestine. Il s’agit de la position de la défense, contestée par les autorités américaines.
L’Audiencia Nacional doit désormais fixer une audience. Selon Reuters, celle-ci est attendue dans les prochaines semaines.
Même si la justice espagnole autorise l’extradition, le dossier ne sera pas nécessairement clos : le gouvernement conservera un rôle dans la décision finale.
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