La contraction historique de l’aide publique au développement renforce la nécessité de trouver de nouvelles ressources pour financer les priorités nationales. En Tunisie, les Nations unies accompagnent les autorités dans la conception d’une plateforme destinée à mieux coordonner les financements et à rapprocher les projets prioritaires des investisseurs potentiels.
La baisse de l’aide internationale donne une nouvelle dimension aux discussions sur le financement du développement en Tunisie. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’aide publique au développement versée par les pays membres du Comité d’aide au développement (CAD) a chuté de 23,1% en 2025 par rapport à l’année précédente. Avec 174,3 milliards de dollars, elle a enregistré sa plus forte contraction annuelle jamais mesurée.
Une plateforme pour rapprocher projets et financements
C’est dans ce contexte que le système des Nations unies entend accompagner la Tunisie dans la diversification de ses ressources financières. Dans un entretien accordé à l’agence TAP à l’occasion du 70e anniversaire de l’adhésion du pays à l’ONU, la coordonnatrice résidente, Rana Taha, a annoncé un appui technique à la mise en place d’une plateforme nationale de financement du développement et de l’investissement, baptisée « Finance & Investment Hub ».
En cours de conception avec les partenaires nationaux, ce dispositif sera placé sous conduite tunisienne et associera les différentes parties prenantes. Il doit notamment permettre de réunir les acteurs concernés autour de priorités nationales communes, d’améliorer la coordination entre les différentes sources de financement et d’identifier les projets d’investissement prioritaires.
Il s’agira également de mieux faire correspondre les besoins du pays en matière de développement avec les possibilités de financement et d’investissement disponibles. La plateforme pourrait ainsi faciliter les échanges entre les institutions publiques, les bailleurs de fonds, les institutions financières internationales et les acteurs privés.
Au-delà de l’aide traditionnelle
Pour Rana Taha, la contraction de l’aide internationale intervient alors que les besoins continuent de progresser dans des secteurs essentiels : emploi, protection sociale, santé, éducation et lutte contre les changements climatiques. Cette situation rend nécessaire la recherche de ressources supplémentaires et durables, au-delà des mécanismes classiques de coopération.
La responsable onusienne a ainsi insisté sur la diversification des sources de financement, notamment à travers des mécanismes innovants et le renforcement des partenariats avec les institutions financières internationales, les bailleurs de fonds et le secteur privé. L’enjeu consiste à élargir les ressources consacrées au développement et à mobiliser de nouveaux investissements.
Mais l’augmentation des financements ne constitue pas, à elle seule, une réponse suffisante. Rana Taha souligne également la nécessité d’améliorer leur utilisation, de renforcer les mécanismes de suivi et de mesurer les résultats obtenus afin de garantir un impact plus durable.
Cette recherche d’efficacité concerne aussi le fonctionnement du système des Nations unies en Tunisie. L’organisation entend renforcer la coordination entre ses agences et privilégier des programmes conjoints alignés sur les priorités nationales, plutôt que de multiplier des projets séparés.
Cette orientation s’inscrit dans la préparation du nouveau cadre de coopération entre la Tunisie et l’ONU pour la période 2027-2031, dont les priorités ont déjà été présentées dans les discussions entre les deux parties.
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