Washington serait disposé à reprendre les discussions avec Téhéran, selon le ministre iranien des Affaires étrangères — mais Téhéran reste méfiant. Cette déclaration intervient alors que Donald Trump vient de quitter Pékin sans avoir obtenu d’engagement clair de la Chine sur le dossier iranien.
Araghtchi à New Delhi : ouverture et réserves
« Nous avons de nouveau reçu des messages de la part des Américains disant qu’ils sont disposés à poursuivre les discussions et à maintenir les contacts », a déclaré Abbas Araghtchi, vendredi à New Delhi, en marge de la réunion des ministres des BRICS, selon l’AFP.
Le chef de la diplomatie iranienne a toutefois tempéré cette ouverture : Téhéran ne fait « aucune confiance » aux États-Unis et n’est prêt à négocier que si Washington se montre « sérieux ». Des « messages contradictoires » américains alimentent, selon lui, la méfiance iranienne quant aux véritables intentions de l’autre partie. Il a par ailleurs estimé que la médiation pakistanaise, jusqu’ici canal privilégié entre les deux pays, se trouvait dans une « grande difficulté », en raison notamment du « comportement des Américains ».
Cette déclaration intervient quelques jours après que Donald Trump a jugé, le 10 mai, la réponse iranienne à la proposition américaine de cessez-le-feu « totalement inacceptable ».
Pékin sans percée sur l’Iran
Le contexte diplomatique est particulier. Selon Reuters, Donald Trump a quitté la Chine vendredi sans avancée majeure sur le commerce ni engagement concret de Pékin pour peser sur Téhéran. Le président américain espérait que Xi Jinping use de l’influence chinoise pour favoriser une issue négociée au conflit.
La Chine a bien appelé à la fin de la guerre, estimant que le conflit « n’aurait jamais dû avoir lieu ». Mais Pékin n’a annoncé aucune mesure précise ni engagement direct en ce sens. Trump a affirmé que les deux dirigeants partageaient une position « très similaire » sur l’Iran ; Xi Jinping n’a pas commenté publiquement ce point. Selon des analystes cités par Reuters, Pékin resterait peu disposé à exercer une forte pression sur Téhéran, l’Iran constituant un contrepoids stratégique aux États-Unis dans la région.
Araghtchi a de son côté dit apprécier tout soutien extérieur, y compris chinois : « Nous savons que la Chine a de bonnes intentions, et tout ce qu’elle peut faire pour aider la diplomatie sera le bienvenu », a-t-il déclaré à l’AFP.
Une voie diplomatique étroite
La séquence révèle les limites actuelles de la dynamique de négociation. Washington cherche à maintenir une porte de sortie diplomatique, l’Iran signale une disponibilité au dialogue sans annoncer de reprise officielle, et la médiation chinoise reste en deçà des attentes américaines.
Les positions demeurent éloignées. Mais le fait que les deux parties maintiennent des canaux de contact, même indirects, constitue en soi un signal dans un contexte de forte tension.
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