La Société nationale immobilière de Tunisie (SNIT) a apporté de nouvelles précisions concernant les mécanismes juridiques et financiers du programme national « Premier logement », instauré en vertu du décret gouvernemental n°39 du 11 janvier 2019.
Ce dispositif vise principalement à aider les familles de la classe moyenne et les salariés ne possédant pas de logement à surmonter l’obstacle du financement initial exigé par les banques, afin de faciliter l’accès à la propriété.
Des conditions de revenus bien définies
Selon les données officielles, le programme cible deux catégories principales de citoyens souhaitant acquérir leur premier logement.
La première catégorie concerne les familles ne possédant pas de logement. Le bénéficiaire ou son conjoint doit être salarié, avec un revenu mensuel brut global compris entre 2.659,500 dinars et 7.092 dinars.
Lire aussi : L’ARP adopte une refonte du cadre du logement social
La seconde catégorie vise les personnes célibataires ou indépendantes ne disposant pas d’un logement. Leur revenu mensuel brut doit se situer entre 2.659,500 dinars et 5.910 dinars.
Des logements plafonnés à 220 mille dinars
Le décret fixe également des critères précis concernant les logements éligibles au programme. Les habitations concernées doivent être composées au minimum de deux chambres et d’un salon (S+2).
Le prix du logement ne doit pas dépasser 220 mille dinars hors TVA, soit environ 235.400 dinars toutes taxes comprises.
Un mécanisme de financement avantageux
Le programme « Premier logement » repose sur une formule de financement destinée à réduire les difficultés rencontrées par les ménages auprès des banques commerciales.
Le bénéficiaire peut obtenir un prêt complémentaire couvrant jusqu’à 20 % du prix du logement, dans la limite de 40 mille dinars. Ce financement est accordé par la banque qui assure également le crédit immobilier principal.
Ce prêt bénéficie d’avantages particuliers, notamment une période de grâce de cinq ans avant le début du remboursement, ainsi qu’un taux d’intérêt réduit fixé à 2 %.
Lire aussi : Location-accession : 1213 logements lancés dans 11 gouvernorats pour la première tranche
Le reste du montant, soit jusqu’à 80 % du prix du logement, est financé à travers un crédit bancaire classique soumis aux procédures habituelles du secteur bancaire.
Le programme autorise également une contribution personnelle supplémentaire du bénéficiaire, à condition qu’elle ne dépasse pas 20 % du prix total du logement.
Un levier pour le secteur immobilier ?
Les autorités présentent ce programme comme l’un des principaux axes de la politique nationale du logement. Il vise à soutenir la classe moyenne dans l’accès à un logement stable, tout en stimulant le secteur de la promotion immobilière grâce au partenariat avec les promoteurs immobiliers.
Dans un contexte marqué par la hausse continue des prix de l’immobilier et les difficultés d’accès au crédit, le programme « Premier logement » apparaît comme une tentative de relancer l’accès à la propriété pour une partie des Tunisiens, même si plusieurs observateurs estiment que les plafonds de revenus et les prix des logements restent encore éloignés des capacités réelles d’une grande partie des ménages.