Les autorités sanitaires tunisiennes ont activé leur protocole de veille et de prévention contre le virus Ebola à la suite de l’alerte internationale déclenchée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Bien qu’aucun cas n’ait jamais été enregistré en Tunisie, les responsables sanitaires assurent que les dispositifs de contrôle et de surveillance ont été renforcés, notamment aux frontières et dans les circuits de détection des cas suspects.
La Tunisie active ses procédures de surveillance
Intervenant jeudi sur Jawhara FM, Riadh Daghfous a confirmé l’activation du protocole national de veille sanitaire dédié au virus Ebola. Le responsable a expliqué que l’expérience du Covid-19 avait profondément modifié l’approche mondiale des épidémies. Selon lui, la distance géographique ne constitue plus une garantie suffisante face aux risques sanitaires internationaux.
« Un virus apparu à des milliers de kilomètres peut atteindre plusieurs pays en quelques semaines », a-t-il averti, évoquant l’impact des déplacements internationaux, du tourisme et des échanges commerciaux sur la propagation des maladies infectieuses.
Les autorités tunisiennes ont ainsi mis en place des procédures spécifiques comprenant le contrôle des voyageurs en provenance des zones touchées, l’identification rapide des symptômes suspects — notamment la fièvre — ainsi que l’isolement immédiat des cas à risque.
Un virus très mortel mais moins contagieux que le Covid-19
Riadh Daghfous a rappelé que le virus Ebola, découvert en 1976, figure parmi les agents pathogènes les plus dangereux au monde, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 50% lors de certaines flambées épidémiques.
Il a toutefois insisté sur une différence majeure avec le Covid-19 : Ebola ne se transmet pas par voie respiratoire.
La contamination nécessite généralement un contact étroit avec les fluides biologiques d’une personne infectée ou d’animaux porteurs du virus, notamment certaines chauves-souris considérées comme réservoirs naturels.
Le responsable sanitaire a également souligné que les personnes asymptomatiques transmettent rarement la maladie et que les symptômes apparaissent rapidement après l’infection, ce qui facilite l’identification des cas suspects et leur isolement.
L’OMS redoute une propagation régionale en Afrique centrale
Le 17 mai 2026, Organisation mondiale de la santé a classé l’épidémie d’Ebola liée à la souche Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda comme une urgence de santé publique de portée internationale. L’organisation a toutefois précisé que les critères d’une pandémie mondiale n’étaient pas réunis à ce stade.
Selon les chiffres communiqués, près de 600 cas suspects et 139 décès suspects ont été recensés. Au total, 51 cas ont été confirmés en RDC et deux en Ouganda.
L’OMS s’inquiète néanmoins d’une possible sous-estimation de l’ampleur réelle de l’épidémie, en raison de la hausse des cas suspects, du taux élevé de tests positifs et de la dispersion géographique des foyers dans la région des Grands Lacs.
Les autorités sanitaires internationales redoutent également une propagation régionale favorisée par les importants mouvements transfrontaliers, d’autant qu’aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe actuellement contre la souche Bundibugyo du virus Ebola.