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Cannes 2026 – Peter Jackson, l’enfant des mondes imaginaires

par Neïla DRISS
vendredi 15 mai 2026 18:09
dans Culture
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Au lendemain de la remise de sa Palme d’or d’honneur, Peter Jackson entre sur la scène du Théâtre Debussy avec cette allure étrange qu’il a toujours eue : celle d’un homme qui semble ne jamais totalement réaliser qu’il est devenu Peter Jackson. Le 79e Festival de Cannes lui rend cette année un hommage majeur, célébrant à la fois l’auteur de Le Seigneur des anneaux, le pionnier des effets numériques modernes et l’un des rares réalisateurs à avoir fait basculer durablement le cinéma fantastique dans le territoire du grand cinéma populaire mondial.

Mais ce « Rendez-vous avec Sir Peter Jackson » organisé par le Festival n’a rien eu d’une leçon académique ni d’un hommage figé. Pendant près de deux heures, le cinéaste néo-zélandais a navigué entre souvenirs de tournages impossibles, anecdotes hilarantes, réflexions très concrètes sur la fabrication des images, discussions sur l’intelligence artificielle, déclarations d’amour à King Kong et confidences sur ses futurs projets autour de Gollum et de Tintin. Une conversation dense, souvent drôle, parfois émouvante, qui racontait finalement autant l’histoire d’un homme que celle des transformations du cinéma contemporain.

Dès l’ouverture de la rencontre, Thierry Frémaux donne le ton. Pour le délégué général du Festival, cette Palme d’or d’honneur est une manière « d’exprimer notre admiration » mais aussi de rappeler « l’importance du cinéma et des artistes dans nos vies ». Puis il replonge immédiatement la salle dans un souvenir devenu presque mythique dans l’histoire récente de Cannes : la présentation, en 2001, de vingt minutes inachevées de Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l’anneau (2001).

À l’époque, personne ne savait réellement ce qu’allait devenir cette adaptation gigantesque de Tolkien. Le film n’était pas terminé. Certains doutaient même qu’il puisse fonctionner. Pourtant, Cannes accepte de montrer ces images encore incomplètes. « Cela a été formidable et cela a lancé le film », rappelle Frémaux. Vingt-cinq ans plus tard, cette projection apparaît presque comme un moment fondateur dans la relation entre le Festival et les grandes franchises contemporaines.

Après cette introduction, Thierry Frémaux quitte la scène et laisse place au journaliste Didier Allouch, chargé de modérer la rencontre et d’échanger avec Peter Jackson pendant près de deux heures.

Dans la salle se trouve également Elijah Wood, Frodo pour des générations entières de spectateurs. Leur complicité reste intacte. Plus tard dans la rencontre, Peter Jackson remerciera publiquement l’acteur pour son énergie sur le tournage : « Elijah était joyeux tous les jours. Il me transmettait constamment de l’énergie et des idées. Son optimisme était communicatif. »

Le garçon en short expulsé du Palais

Ce qui frappe immédiatement chez Peter Jackson, c’est la manière dont il continue à raconter sa carrière comme une suite d’accidents improbables plutôt qu’une trajectoire triomphante.

Lorsqu’il évoque sa première venue à Cannes avec Bad Taste (1987), il parle moins du film lui-même que du sentiment de débarquer dans un univers totalement étranger. « Je n’avais aucune expérience du monde du cinéma », raconte-t-il. « Je me suis retrouvé à Cannes et c’était envoûtant. J’étais projeté dans un monde que je ne connaissais pas. »

À l’époque, il sait très bien que la majorité des films présentés au Marché du Film ne trouvent jamais de distributeurs. Lui-même pense qu’il retournera probablement en Nouvelle-Zélande reprendre son métier de photograveur.

Puis vient l’anecdote qui fait éclater de rire toute la salle.

Il raconte avoir accompli toutes les formalités nécessaires pour obtenir son accréditation : remplir les formulaires, envoyer sa photo, effectuer les démarches demandées par le Festival… avant d’être finalement expulsé du Palais des Festivals au moment du retrait de son badge parce qu’il portait un short. « Hier soir, bien sûr, ce n’était pas pareil », glisse-t-il en référence à sa montée des marches triomphale de la veille.

Cette capacité à désacraliser constamment son propre parcours traverse toute la rencontre. Lorsqu’on lui demande ce qu’il a ressenti en recevant sa Palme d’or d’honneur, il répond avec un humour absurde typiquement néo-zélandais : « Je n’ai jamais pensé décrocher une Palme d’or. C’est comme rêver de devenir danseur de ventre ou athlète aux Jeux olympiques. On en rêve, mais on sait que cela n’arrivera jamais. » Puis il ajoute immédiatement qu’il n’a probablement « jamais fait un film digne d’une Palme d’or ».

La remarque n’est pas anodine. Elle dit aussi quelque chose du regard longtemps porté sur le cinéma de genre dans les grands festivals internationaux. Didier Allouch lui fait d’ailleurs remarquer qu’à l’époque de Bad Taste (1987), un cinéaste comme lui restait cantonné au Marché du Film, alors qu’aujourd’hui des réalisateurs comme Guillermo del Toro ou lui-même peuvent être célébrés au cœur même de la sélection officielle.

Peter Jackson développe alors une réflexion passionnante sur le rôle du cinéma fantastique dans les débuts de carrière. Pour lui, lorsqu’un jeune réalisateur n’a pas d’argent, peu de moyens et parfois même « pas vraiment de scénario solide », l’imagination devient la seule richesse disponible. Le fantastique et l’horreur permettent alors de fabriquer du cinéma avec presque rien. « Votre imagination peut remplacer beaucoup de choses », explique-t-il.

Il parle aussi du gore avec un mélange de tendresse et de lucidité. Oui, il aime les excès absurdes de Braindead (1992). Oui, le grotesque l’a toujours fasciné. Mais il explique que le gore pur atteint toujours un moment où il devient ridicule. À partir de là, dit-il, il faut trouver autre chose : le rythme, la mise en scène, le burlesque. Et soudain, au milieu d’une discussion sur les zombies et les litres de faux sang, Peter Jackson cite Buster Keaton.

Tout son cinéma est probablement là.

Le choc King Kong

Le cœur émotionnel de cette rencontre arrive lorsqu’il commence à parler de King Kong.

Le cinéaste change presque physiquement lorsqu’il évoque le film de 1933. La voix ralentit légèrement. Les phrases deviennent plus personnelles. Peter Jackson ne parle plus ici comme un réalisateur célébré à Cannes, mais comme un enfant néo-zélandais des années 1960 découvrant les monstres à la télévision.

Ses parents venaient d’acheter un téléviseur. Tous les vendredis soir, il regardait des films fantastiques. Puis un jour, il tombe sur King Kong sans savoir ce qu’il va voir.

« Cela a changé ma vie », dit-il simplement.

À huit ou neuf ans, il décide soudain qu’il veut faire des films. Peut-être même des films « comme celui-là ». Ses parents possèdent une caméra Super 8 et il commence immédiatement à tourner de petites séquences de quelques minutes.

Ce qui le fascinait dans King Kong n’était pas seulement le spectacle. Jackson explique qu’il a toujours été touché par la relation étrange entre Kong et Ann Darrow. Beaucoup parlent d’une histoire d’amour, dit-il, mais selon lui ce n’en est pas réellement une. « Lui l’aime, mais pas elle. » Dans sa version de King Kong (2005), il voulait justement rendre cette relation plus ambiguë et plus douloureuse.

Puis il raconte une anecdote bouleversante autour de Fay Wray, l’actrice du film original. Dans King Kong de 1933, après la mort du gorille géant, un personnage prononce la célèbre phrase : « C’est la beauté qui a tué la bête. » Jackson voulait reprendre cette réplique dans son adaptation. Fay Wray, alors âgée de 93 ans, avait accepté d’enregistrer la phrase. Mais elle est morte juste avant le tournage de la scène.

Monstres, adolescentes meurtrières et mondes imaginaires

La rencontre prend ensuite un virage inattendu avec Créatures célestes (1994), probablement le film qui permet le mieux de comprendre le regard de Peter Jackson sur le fantastique.

Le réalisateur revient longuement sur cette affaire criminelle réelle ayant inspiré le film : deux adolescentes néo-zélandaises qui assassinent la mère de l’une d’entre elles après avoir construit ensemble un univers imaginaire obsessionnel.

Ce qui l’intéressait n’était pas le « true crime ». Il dit même ne pas aimer particulièrement ce genre. Ce qui le fascinait, c’était le monde intérieur de ces deux jeunes filles.

Jackson raconte les recherches menées avec Fran Walsh, les entretiens avec des spécialistes, les documents retrouvés par la police, notamment le journal intime de Pauline Parker. Tout le matériau fantastique du film provient directement de ce journal. « Tout ce qui est fantastique dans le film est factuel », insiste-t-il.

Soudain, tout son cinéma semble s’éclairer autrement.

Chez Peter Jackson, le fantastique n’est jamais totalement une fuite hors du réel. Il sert plutôt à rendre visibles les obsessions, les fantasmes ou les traumatismes des personnages.

Même Le Seigneur des anneaux est décrit de cette manière. Jackson explique qu’il a toujours abordé Tolkien non pas comme une pure œuvre fantasy, mais presque comme un récit historique. Il cite Henri VIII pour expliquer sa méthode. Les costumes, les décors, les comportements devaient être traités avec sérieux afin que les émotions restent crédibles.

« Nous voulions ancrer cette histoire dans quelque chose de réel », explique-t-il.

266 jours en Terre du Milieu

Évidemment, la conversation revient sans cesse vers Le Seigneur des anneaux, œuvre devenue presque impossible à séparer de son nom.

Jackson raconte les 266 jours de tournage, l’organisation gigantesque, les batailles conçues comme de véritables chorégraphies. Lorsqu’on lui demande comment il parvient à rendre lisibles des scènes d’action aussi complexes, il répond presque comme un danseur ou un metteur en scène de théâtre : tout repose sur la chorégraphie, les repères visuels et le rythme du montage. « Jamais trois plans sans revoir un personnage principal », explique-t-il.

Il revient aussi sur la naissance de Gollum et sur le rôle décisif d’Andy Serkis. Au départ, le personnage devait simplement être animé numériquement, Serkis ne fournissant que la voix. Mais très vite, sa présence physique transforme entièrement le projet. Grâce à la motion capture, Gollum devient l’une des premières performances numériques pleinement incarnées par un acteur.

Peter Jackson parle alors des nouvelles technologies avec beaucoup moins de fascination futuriste qu’on pourrait l’imaginer. Pour lui, l’intelligence artificielle n’est finalement qu’un nouvel outil dans l’histoire des effets spéciaux. Le vrai problème commence, dit-il, lorsqu’on utilise ces outils pour remplacer ou voler le travail d’artistes réels.

L’après Tolkien

L’un des moments les plus touchants de la rencontre arrive lorsqu’il évoque la cérémonie des Oscars de 2004.

Peter Jackson raconte que son fils, alors âgé de six ans, suivait la retransmission en direct depuis la Nouvelle-Zélande. Au fur et à mesure des récompenses remportées par Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, l’enfant devenait de plus en plus nerveux. Puis Steven Spielberg ouvre l’enveloppe du meilleur film.

Son fils éclate alors en sanglots devant la télévision.

« Le lendemain, il avait honte de sa réaction », raconte Jackson en riant.

Le réalisateur revient aussi sur la production chaotique de Le Hobbit (2012-2014), projet qu’il a finalement dû reprendre lui-même dans des conditions compliquées. Malgré les critiques parfois adressées à cette trilogie, il affirme aimer profondément ces films. « Je fais des films pour moi », répète-t-il. « Je ne peux pas faire un film que je n’aimerais pas voir. »

Puis il raconte une scène presque surréaliste. Alors qu’il avait commandé un livre sur Amazon, le livreur le reconnaît immédiatement et lui explique combien il a adoré Le Seigneur des anneaux (2001-2003)… avant d’ajouter qu’il n’a pas aimé Le Hobbit (2012-2014) et que Peter Jackson aurait dû réaliser lui-même ces films « pour qu’ils soient beaux ».

Le réalisateur éclate de rire. La salle aussi.

Tintin, Gollum et les Beatles

La rencontre s’achève sur le futur.

Oui, le projet autour de Gollum est bien en cours. Oui, Andy Serkis reste au centre du film. Oui, Peter Jackson travaille actuellement sur le prochain Tintin. Le projet imaginé avec Steven Spielberg existe toujours.

Mais ce qui intéresse peut-être le plus Peter Jackson aujourd’hui semble être ailleurs : dans les expérimentations, dans les archives, dans la restauration d’images et dans le documentaire.

Il parle longuement de Get Back (2021) et de son travail sur les Beatles. Des mémoires contradictoires des membres du groupe. Des images restaurées. De la manière dont certaines technologies permettent aujourd’hui de réentendre le passé autrement.

Et finalement, après près de deux heures de conversation, une idée s’impose peu à peu : Peter Jackson n’a jamais vraiment cessé d’être ce garçon fasciné par King Kong devant la télévision familiale. Simplement, avec le temps, les monstres sont devenus plus grands, les batailles plus spectaculaires et les technologies plus sophistiquées.

Mais au fond, il continue toujours à fabriquer des films comme un enfant qui joue encore avec ses créatures.

Tags: CinémaFestival de Cannes

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