La plateforme pétrolière échouée depuis janvier 2025 au large de Bizerte a finalement quitté les eaux tunisiennes dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 mai 2026, mettant fin à plus de seize mois d’opérations techniques, de procédures administratives et de tractations entre les différentes parties impliquées.
Le ministère du Transport a annoncé que la structure avait quitté la zone d’El Houichat à 1h du matin, après l’achèvement de « toutes les procédures juridiques et administratives » avec les autorités concernées. Cet épisode maritime, qui a mobilisé durant plus d’un an d’importants moyens humains et logistiques, aura durablement marqué le littoral nord tunisien.
Une opération délicate
Dans un communiqué publié tard dans la soirée, le ministère du Transport a indiqué que l’ensemble des intervenants avaient coordonné leurs efforts afin d’assurer le départ de la plateforme « dans les meilleures conditions ».
L’Office de la marine marchande et des ports (OMMP) a notamment joué un rôle central dans les opérations de renflouement et d’éloignement de la structure de la zone rocheuse d’El Houichat, où elle était immobilisée depuis son échouement.
Le ministère a également mis en avant l’utilisation du nouveau remorqueur maritime « Mekteris », récemment entré en exploitation au port de Menzel Bourguiba. Selon les autorités, cette intervention démontre l’importance des investissements engagés pour renforcer les capacités techniques et opérationnelles de l’OMMP dans la gestion des opérations maritimes complexes.
Une courte vidéo diffusée par le ministère montre d’ailleurs la plateforme remorquée au large depuis le navire chargé de l’opération.
Un échouement provoqué par une tempête
L’affaire remonte à la nuit du 11 au 12 janvier 2025. La plateforme pétrolière, tractée par un remorqueur turc en direction de la Turquie, avait dérivé après la rupture des câbles de remorquage dans des conditions météorologiques particulièrement difficiles.
Livrée aux courants et aux vents violents, la structure avait fini par s’échouer sur la plage d’El Houichat, dans la région de Bizerte Nord, entraînant une importante mobilisation des autorités tunisiennes.
Une enquête ouverte et des craintes environnementales
À la suite de l’incident, le ministre du Transport, Rachid Amri, avait ordonné l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les causes exactes de l’accident et d’identifier les éventuelles responsabilités.
Les autorités tunisiennes avaient également exigé de l’opérateur responsable qu’il organise le retrait rapide de la plateforme.
Même si aucune fuite de carburant ou pollution majeure n’avait été détectée lors des inspections effectuées par les équipes environnementales, les autorités avaient exprimé leurs inquiétudes concernant les risques potentiels pour l’écosystème marin et le littoral bizertin.
À l’époque, Hatem Fekih, directeur général du transport maritime et des ports commerciaux, avait notamment évoqué une importante « pollution visuelle », la plateforme restant visible depuis les côtes pendant de longs mois.
Plus d’un an de procédures
Le 5 mai 2026, les autorités tunisiennes avaient annoncé que la structure avait enfin été dégagée de la zone rocheuse d’El Houichat au terme d’une opération de sauvetage particulièrement délicate.
Plusieurs structures tunisiennes avaient été mobilisées, notamment l’OMMP, l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), la Garde maritime ainsi que la Marine nationale.
Les équipes techniques étaient alors parvenues à remettre progressivement la plateforme à flot avant de la remorquer vers le large. Des réparations techniques ainsi que plusieurs formalités administratives restaient toutefois nécessaires avant son départ définitif vers la Turquie.
