Le dispositif des augmentations salariales en Tunisie suscite de nombreuses interrogations quant à son calendrier et à ses modalités d’application dans les secteurs public, privé et chez les retraités. Inscrites dans le cadre du projet de loi de finances 2026, ces hausses s’étaleront sur trois années et feront l’objet de mécanismes réglementaires précis.
Des modalités à préciser
Le principe des augmentations salariales est désormais intégré au projet de loi de finances 2026, concernant à la fois les salariés du secteur public, du secteur privé ainsi que les retraités. Ces mesures s’inscrivent dans une programmation pluriannuelle couvrant les années 2026, 2027 et 2028.
Toutefois, les taux exacts des augmentations ne sont pas encore définitivement fixés. Selon des observations partagées par des spécialistes du marché du travail, les taux d’augmentation se situeraient entre environ 5% et 7,5%. Ils seront déterminés ultérieurement par décret, ce qui signifie que les chiffres actuellement évoqués restent provisoires et susceptibles d’évolution en fonction des arbitrages gouvernementaux et des paramètres économiques.
Cependant, il faut rappeler qu’en décembre dernier Yasser Kourari, président de la Commission de la législation générale au parlement avait expliqué que le taux des augmentations salariales et des pensions prévu dans le projet de loi de finances 2026 ne dépassera pas les 3,8% pour les années 2026, 2027 et 2028.
Les augmentations prévues ne seront pas appliquées en une seule fois, mais réparties sur trois échéances successives. Le calendrier envisagé prévoit une première tranche à partir de 2026, suivie d’ajustements en 2027 et 2028. Cette approche progressive vise à lisser l’impact budgétaire tout en assurant une certaine continuité dans l’amélioration des revenus.
Des mécanismes d’application différenciés
Dans le secteur privé, les augmentations serviront de base minimale pour les négociations entre employeurs et salariés. Les conventions collectives et les accords internes pourront prévoir des ajustements supplémentaires, en fonction des secteurs d’activité et des performances des entreprises.
Dans le secteur public, l’application sera encadrée par les textes réglementaires et les décisions administratives, sans exclure des ajustements selon les catégories professionnelles et les grades.
Le dispositif prévoit également que ces hausses s’appliquent à l’ensemble des entreprises, indépendamment de leur situation financière, avec une obligation d’exécution une fois les textes officiels publiés.
Soutien au pouvoir d’achat
Au-delà des aspects techniques, ces augmentations salariales s’inscrivent dans une logique de soutien au pouvoir d’achat et de stabilisation sociale. Elles interviennent dans un contexte marqué par des pressions inflationnistes et des attentes élevées des travailleurs.
Le gouvernement présente ce mécanisme comme un outil de régulation sociale, visant à instaurer une certaine visibilité sur l’évolution des revenus à moyen terme, tout en maintenant un équilibre entre contraintes budgétaires et exigences sociales.
Il faut rappeler que le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé lundi 23 mars une réunion au palais de Carthage consacrée notamment à l’application de l’article 15 de la loi de finances 2026, qui prévoit une augmentation progressive des salaires dans les secteurs public et privé et des pensions de retraite.
Toutefois, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une revalorisation salariale qui tienne compte à la fois des contraintes budgétaires de l’État et des aspirations des citoyens à une vie décente.