L’expert-comptable Maher Guida a vivement critiqué le projet d’extension de l’aéroport de Tunis-Carthage, soulignant plusieurs risques et limites liés à ce plan. En dépit de sa rentabilité financière prévue, l’expert explique qu’une réflexion plus approfondie permettra de mieux gérer ce projet.
Selon lui, l’extension pourrait entraîner la gestion de 18 millions de passagers dans une zone urbaine déjà dense, avec environ 205 avions qui atterrissent quotidiennement. Cette intensification du trafic aérien risque d’accentuer la pollution sonore pour les habitants de La Soukra et les zones environnantes.
L’infrastructure actuelle n’est pas suffisante
L’expert souligne également que l’infrastructure actuelle, notamment les deux pistes d’atterrissage, n’est pas suffisante pour absorber une telle augmentation du trafic. « Pourquoi ne pas miser sur le transit plutôt que sur le trafic direct ? Nous sommes en train de perdre notre emplacement stratégique », a-t-il averti, ajoutant que l’aéroport actuel ne permet pas d’atteindre cet objectif.
Selon lui, maintenir un aéroport de cette taille au sein d’une agglomération urbaine est très coûteux, notamment en matière d’assurances et de sécurité, et que le manque d’infrastructures complémentaires comme les hôtels ou les zones commerciales rend le projet encore plus complexe.
Lire aussi : Extension de l’aéroport Tunis-Carthage : Un projet à 3 milliards de dinars avec métro aérien
Maher Guida appelle donc à une réflexion stratégique avant d’engager des investissements lourds, privilégiant des solutions alternatives pour optimiser le transit aérien sans surcharger une zone urbaine déjà dense.
Un projet ambitieux ?
Un vaste projet de 3 milliards de dinars (environ 865 millions d’euros) est prévu pour l’extension de l’aéroport Tunis-Carthage d’ici 2031, abandonnant l’idée d’un nouvel aéroport. L’objectif est de porter la capacité de l’aérogare de 5 à 18,5 millions de passagers par an, incluant une nouvelle aérogare et une liaison par métro aérien
En effet, le projet, présenté par les autorités, vise à moderniser et agrandir l’aéroport afin de porter sa capacité annuelle à 18 millions de passagers, avec de nouvelles infrastructures pour accueillir un trafic aérien en forte croissance. Il comprend notamment l’extension des terminaux, l’aménagement de parkings supplémentaires et la mise à niveau de certaines installations existantes pour répondre aux standards internationaux.