Alors que le conflit impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis continue de provoquer de fortes tensions au Moyen-Orient, plusieurs pays commencent à prendre des mesures d’urgence pour limiter les conséquences économiques de la crise énergétique qui s’annonce.
Face à la hausse rapide des prix du pétrole et aux perturbations des routes maritimes dans le Golfe, plusieurs gouvernements ont décidé de mobiliser leurs réserves stratégiques de pétrole afin de stabiliser les marchés.
Une intervention coordonnée de l’Agence internationale de l’énergie
Plusieurs États membres de l’International Energy Agency ont décidé d’injecter d’importants volumes de pétrole sur le marché afin d’éviter un choc énergétique.
Selon des informations relayées par Reuters, l’Italie prévoit notamment de libérer 9 millions de barils de ses réserves stratégiques, disponibles immédiatement.
Cette décision s’inscrit dans une recommandation de l’agence visant à injecter jusqu’à 400 millions de barils de pétrole sur les marchés mondiaux, ce qui constituerait la plus importante opération coordonnée de ce type jamais menée.
L’objectif est de contenir la flambée des prix provoquée par les tensions militaires et les risques pesant sur les routes pétrolières du Golfe.
Des tensions sur les routes pétrolières du Golfe
La situation est particulièrement surveillée autour du détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde.
Les attaques récentes contre des navires près des terminaux pétroliers irakiens de Bassora ont ravivé les inquiétudes concernant la sécurité du transport maritime dans la région.
Les autorités irakiennes ont averti que toute perturbation prolongée dans cette zone pourrait avoir des conséquences économiques importantes, l’Irak dépendant largement de ses exportations de pétrole.
Le carburant déjà plus cher dans de nombreux pays
Les consommateurs commencent déjà à ressentir l’impact de ces tensions.
Aux États-Unis, le prix moyen de l’essence est passé d’environ 2,94 dollars par gallon en février à 3,58 dollars, soit une hausse proche de 20 %, selon les données de l’American Automobile Association.
Selon les données compilées par Global Petrol Prices, plus de 80 pays ont enregistré une augmentation du prix du carburant depuis les premières frappes contre l’Iran fin février.
Dans plusieurs régions du monde, les gouvernements commencent déjà à adopter des mesures pour limiter les tensions d’approvisionnement.
L’Australie adopte des mesures d’urgence
L’Australie a ainsi annoncé un assouplissement temporaire de ses normes de carburant.
Pendant 60 jours, les distributeurs pourront vendre du carburant contenant un taux de soufre plus élevé, une mesure qui pourrait injecter près de 100 millions de litres supplémentaires par mois sur le marché.
Canberra étudie également la possibilité de participer à une libération coordonnée de pétrole avec l’Agence internationale de l’énergie.
Même si les combats restent concentrés au Moyen-Orient, les réactions des marchés et des gouvernements montrent que les effets économiques du conflit dépassent déjà largement la région.
Entre mobilisation des réserves stratégiques, hausse des prix du carburant et inquiétudes pour les routes pétrolières du Golfe, les premiers signes d’une nouvelle crise énergétique mondiale commencent à apparaître.
Lire aussi: