Une hausse des salaires avec effet rétroactif pourrait être officiellement annoncée dès le 1er mai 2026. C’est ce qu’a indiqué, aujourd’hui sur les ondes de Mosaique fm, le spécialiste en droit du travail Hafedh Ammouri, précisant que cette mesure, à caractère exceptionnel, s’inscrit dans le cadre de la loi de finances.
Une augmentation généralisée et exceptionnelle
Selon Hafedh Ammouri, cette augmentation sera unifiée et généralisée, prenant en compte notamment les entreprises de taille moyenne. Elle s’appliquera également à toutes les catégories couvertes par des conventions collectives.
Contrairement aux années précédentes, où les revalorisations salariales faisaient l’objet de négociations directes avec l’Union générale tunisienne du travail, cette hausse a été directement intégrée dans la loi de finances, ce qui lui confère un caractère exceptionnel.
Quatre décrets pour encadrer le secteur privé
Quatre textes réglementaires devraient être publiés pour organiser cette augmentation dans le secteur privé :
- Le premier concerne le salaire minimum garanti dans le secteur non agricole (SMIG).
- Le second porte sur les salaires dans le secteur agricole, fixés selon la rémunération journalière et la qualification.
- Le troisième vise les salariés non couverts par des conventions collectives mais percevant des salaires supérieurs au minimum, répartis en trois catégories : exécution, maîtrise et cadres.
- Le quatrième concerne les travailleurs soumis à des conventions collectives, avec une augmentation uniforme au lieu de négociations sectorielles distinctes.
Une hausse estimée à 4% dans le public
Pour le secteur public, un décret spécifique devrait encadrer la revalorisation des salaires dans la fonction publique et les collectivités locales.
Sur la base du budget de l’État pour 2026 — qui prévoit une enveloppe d’environ un milliard de dinars — la hausse serait estimée à près de 4%, avec une modulation selon les grades.
Impact sur les retraites
L’augmentation des pensions dépendra des mécanismes propres aux caisses sociales :
- La Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale ajustera les pensions en fonction des augmentations accordées aux fonctionnaires.
- La Caisse nationale de sécurité sociale appliquera automatiquement les revalorisations liées au SMIG.
Une mesure rétroactive dès janvier
Cette hausse salariale devrait s’appliquer rétroactivement à partir du 1er janvier 2026, conformément aux dispositions prévues par la loi.
Le dossier a été examiné en Conseil des ministres, qui a étudié huit projets de décrets — quatre pour le public et quatre pour le privé — couvrant les agents de l’État, les collectivités locales, les établissements publics et les entreprises privées.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a insisté sur la poursuite de la politique sociale de l’État, affirmant la volonté de renforcer le pouvoir d’achat tout en poursuivant la lutte contre la corruption.