À quelques mois de l’Aïd al-Adha, le gouvernement dégaine l’arme de l’importation pour éviter une nouvelle envolée des prix des moutons. Auditionnés mercredi 25 février 2026 par la Commission de l’agriculture à l’Assemblée des représentants du peuple, des représentants des ministères de l’Agriculture et du Commerce ont annoncé le lancement imminent d’un appel d’offres pour l’importation d’environ 20 mille têtes de moutons vivants, en plus de 15 mille têtes de moutons réfrigérés.
Objectif affiché : réguler le marché et contenir les prix des sacrifices à l’approche de l’Aïd al-Adha, période marquée chaque année par une tension accrue sur la demande. Selon le communiqué publié jeudi 26 février 2026 par l’Assemblée des représentants du peuple, les responsables ont attribué la hausse persistante des prix des viandes rouges et des moutons à la contraction du cheptel national.
Raréfaction des ressources
En cause, les effets cumulés des changements climatiques et des années successives de sécheresse qu’a connues la Tunisie. La raréfaction des ressources fourragères, l’augmentation des coûts d’alimentation animale et les difficultés financières des éleveurs ont progressivement réduit la taille du troupeau ovin, limitant l’offre sur le marché intérieur.
Face à cette situation structurelle, l’exécutif mise sur un double levier : l’importation pour combler le déficit ponctuel et le renforcement du contrôle des circuits de distribution pour lutter contre la spéculation et l’accaparement. Les deux ministères ont assuré travailler avec les institutions publiques, les sociétés coopératives et les structures professionnelles afin d’approvisionner les points de vente organisés, notamment ceux encadrés par le système de vente « au poids », à des tarifs étudiés censés préserver à la fois la marge de l’éleveur et le pouvoir d’achat du consommateur.
Le marché reste sensible aux rumeurs de pénurie
Les représentants gouvernementaux se sont également engagés à transmettre à la commission parlementaire des données précises sur les estimations du nombre de moutons disponibles pour la saison. Une information stratégique, alors que le marché reste sensible aux rumeurs de pénurie, souvent à l’origine de mouvements spéculatifs.
Reste à savoir si l’importation de 35 mille têtes suffira à peser réellement sur les prix dans un contexte de tension structurelle sur la filière. Car au-delà de l’effet conjoncturel pour l’Aïd, la question du redressement durable du cheptel national et de la résilience du secteur face aux chocs climatiques demeure entière.
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