La naturalisation du jeune nageur Rami Rahmouni pour représenter l’Arabie saoudite provoque une onde de choc dans le paysage sportif tunisien. La présidente de la Fédération tunisienne de natation, Hadia Mansour, a confirmé mercredi que le processus de changement de nationalité sportive a été officiellement acté, évoquant l’implication de « parties tunisiennes » dont elle n’a pas révélé l’identité.
Dans une déclaration à l’Agence Tunis Afrique Presse, elle a précisé que le nageur de 17 ans avait rompu tout contact depuis près de deux ans avec la fédération, le Comité national olympique tunisien ainsi qu’avec son club formateur, l’Espérance sportive de Tunis.
Selon la même source, les autorités de tutelle lui avaient pourtant accordé un contrat d’objectifs d’un montant de 165 mille dinars, indépendamment de la prime du Comité national olympique. Un niveau de soutien financier qui, d’après la fédération, faisait de lui l’un des athlètes les mieux accompagnés de sa génération.
Un signal d’alerte pour le sport tunisien
Pour Hadia Mansour, cette naturalisation constitue « un signal d’alarme » pour le sport tunisien, en particulier pour la filière d’élite. Elle affirme que la situation sociale et sportive du nageur était stable et que la fédération n’avait ménagé aucun effort pour financer stages à l’étranger et participations internationales. Elle estime que le jeune champion aurait cédé à des incitations financières plus attractives.
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La responsable fédérale met en garde contre la montée du phénomène de naturalisation d’athlètes de haut niveau, à l’approche des grandes échéances internationales, notamment les championnats du monde et les Jeux olympiques. Elle appelle à une mobilisation concertée afin de préserver les talents nationaux et de renforcer le sentiment d’appartenance.
À cet égard, elle cite l’exemple du champion olympique et mondial Oussama Mellouli, qui avait, durant sa carrière, décliné plusieurs offres de naturalisation pour continuer à défendre les couleurs tunisiennes.
Alléger les contraintes administratives
Au-delà du cas Rahmouni, la présidente de la fédération insiste sur la nécessité d’améliorer l’environnement structurel des sportifs de haut niveau. Elle plaide pour une augmentation des budgets, la facilitation des contrats de sponsoring et surtout la simplification des procédures administratives, en particulier celles liées aux transferts financiers vers les athlètes résidant à l’étranger.
Elle révèle qu’une prime accordée à un jeune nageur tunisien expatrié s’est retrouvée bloquée en raison de contraintes juridiques, mettant l’athlète en difficulté pour financer ses entraînements et son logement.