Tunisie : Arrestation de la journaliste Chahrazed Akacha

La journaliste Chahrazed Akacha a été placée en garde à vue.

La journaliste Chahrazed Akacha a été arrêtée et placée en garde à vue, ce jeudi 14 avril 2022 suite à l’émission d’un mandat de dépôt contre elle.

Suite à son arrestation le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a appelé, dans un communiqué, à sa libération immédiate.

Chahrazed Akacha est soupçonnée par le procureur de la République auprès du Tribunal de première instance de l’Ariana d’avoir « nuit aux tiers ou perturbé leur quiétude à travers les réseaux publics des télécommunications », en vertu de l’article 86 du code des télécommunications.

Le communiqué rappelle que Chahrazed Akacha avait été auditionné, la semaine dernière, après une plainte déposée à son encontre par le ministère de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine sur fond de messages publiés sur son compte Facebook, dans lesquels elle a critiqué la gestion du département.

Chahrazed Akacha avait été auditionnée, le 7 avril dernier par la brigade criminelle d’El Gorjani pour propagation de fausses informations et de calomnies à l’encontre du président de la République et du ministre de l’Intérieur.

De fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte à la sécurité nationale intérieure, d’inciter au chaos et à la rébellion dans les rangs des forces de sécurité intérieure, d’attribuer des données incorrectes aux cadres de sécurité sans en fournir la preuve, et de nuire à la personne du ministre de l’Intérieur à travers l’emploi de termes offensants.

Mardi 12 avril, elle a été déférée devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Tunis qui a décidé de la poursuivre pour « propagation de fausses informations, atteinte à l’ordre public, à la sûreté nationale, et à la dignité du ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine ».

La veille de son audition soit lundi 11 avril, Chahrazed Akacha a affirmé avoir été victime d’une agression et menacée de viol, accusant le ministre de l’Intérieur de lui avoir envoyé ses agents pour l’intimider, selon ses dires.

Dans son communiqué, le SNJT a considéré que l’arrestation de Chahrazed Akacha s’ajoute aux indices, déjà nombreux, sur une régression en matière de la liberté d’expression et de la presse en Tunisie. Il s’agit du deuxième cas en un mois, après celui du journaliste de Mosaïque FM, Khelifa Guesmi.

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