Consultation nationale numérique : Le fiasco ?

Cette consultation nationale électronique présentée par le président de la République comme une nouvelle méthode d’impliquer les Tunisiens dans les grandes réformes économiques et politiques démarre mal, très mal !

Opérationnelle depuis le 15 janvier dernier, la plateforme numérique ne connaît aucun engouement. Pourtant, les autorités déploient tous les efforts pour convaincre les citoyens de l’efficacité et de l’utilité d’une telle solution. Mais les Tunisiens semblent se pencher plutôt sur leur quotidien et sur les problèmes liés à la cherté de la vie.

Un mois après, à peine 186 mille personnes ont participé à cette e-consultation nationale, constituant le point de départ de tout un processus électoral qui prendra fin par des élections législatives anticipées.

En effet, les résultats de cette consultation seront synthétisés par une équipe d’experts qui sera chargée d’élaborer des réformes économiques, sociales et politiques qui seront validées, ou pas, par le biais d’un référendum populaire.

Sauf que cette alternative connaît déjà de nombreux problèmes. Primo, elle n’attire pas assez les Tunisiens, d’autant plus que dans certains gouvernorats, seulement un millier de personnes y ont participé.

Secundo, la solution fait face à une grande opposition de la part des protagonistes politiques, elle est d’ailleurs boycottée par Ennahdha, le PDL et d’autres formations politiques.

Tertio, la e-consultation nationale serait victime d’une absence de culture numérique en Tunisie et d’une mauvaise infrastructure électronique notamment dans les régions intérieures.

Face à ces entraves, les autorités ont permis aux tunisiens qui ne disposent pas de lignes téléphoniques de participer à la Consultation nationale à travers l’obtention d’un code confidentiel valable pour une courte période via le service USSD : #date de naissance*numéro de la carte d’identité nationale *1712*.

Sauf que toutes ces mesures ne parviennent pas à convaincre les Tunisiens de l’utilité d’une telle alternative. Mais encore faut-il le rappeler, ce genre de solutions qui renvoient au vote électronique connaissent des difficultés même à l’échelle internationale.

Actuellement pour Kais Saied, il est primordial de promouvoir davantage la e-consultation nationale qui prend fin le 20 mars. Car même si on atteint les 400 mille participants d’ici là, cela reste en deçà des attentes.

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