Qu’a coûté cette photo à la Tunisie ?

Après une campagne électorale à couteaux tirés, les deux ennemis jurés avaient fini par mettre la main dans la main, dans une image qui avait fait polémique.

Rached Ghannouchi et feu Béji Caïd Essebsi, ces deux hommes qui se sont échangés, tout au long des années post-révolution, toutes les accusations imaginables, ont préféré, à l’issue des élections de 2014, s’allier, pour préserver leurs intérêts au détriment de ceux de la Tunisie.

Si le président de la République Kais Saied a opéré son passage en force du 25 juillet, ce sont ces fausses alliances qui ont motivé sa décision. En effet, l’alliance officialisée à travers le gouvernement Habib Essid en 2014 en dit long sur les rouages de la scène politique au temps du consensus, promu par Ennahdha et Nidaa Tounès, en dépit d’une divergence à tous les niveaux.

A l’époque on se rappelle tous, de l’image où les deux principaux protagonistes de la scène politique, se tenaient par la main, dans une pose symbolique, défiant ainsi leurs bases électorales. Au congrès d’Ennahdha, l’invité surprise était Béji Caïd Essebsi, une image qui avait préparé le terrain à la fausse alliance qui a mal fini. Qu’a coûté cette image à la Tunisie ?

L’alliance Ennahdha -Nidaa a en effet étouffé tous les projets de réformes indispensables pour un pays en faillite. Cela s’est fait au profit des lobbies économiques aux ramifications politiques.

Cette image a également affaibli une classe politique déjà défaillante et a contribué à la décrédibilisation de tous les partis politiques. D’ailleurs, Kais Saied a largement investi dans cette donne, car pour lui, la démocratie fondée sur des partis politiques corrompus n’a plus de place en Tunisie.

D’ailleurs, une telle alliance s’est achevée par la destruction du parti Nidaa Tounès, une structure politique fondée autour du charisme de l’ancien président de la République, mais aussi autour des intérêts économiques et politiques. Elle a également nui à l’image du parti islamiste qui peine aujourd’hui à se reforger une nouvelle image auprès des Tunisiens et de ses électeurs.

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