Le SNJT préoccupé par le recours de Carthage à la justice militaire pour poursuivre des blogueurs

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) s’est déclaré fortement préoccupé par le recours de la Présidence de la République à la justice militaire en vue de poursuivre des blogueurs pour leurs écrits sur les réseaux sociaux.

Pour le syndicat des journalistes, il s’agit là d’une « restriction à la liberté d’expression » et d’un « recul des libertés » garanties par la Constitution.

Le Président de la République doit normalement veiller au respect des droits et libertés fondamentales et non pas limiter leur usage, selon le syndicat des journalistes. Le SNJT a réaffirmé son rejet total contre toute atteinte portée au droit des voix adverses et critiques à s’exprimer. Des pratiques qui, ajoute le syndicat, rappellent celles « des régimes totalitaires et militaires » et « mettent en péril les acquis de la révolution, dont la liberté d’expression ».

Le syndicat des journalistes a, en outre, souligné que la diffamation et l’atteinte à la vie privée ne s’inscrivent pas dans le cadre de la liberté d’expression. « Il est du droit de tout un chacun de saisir la justice; la justice civile et non pas militaire, surtout lorsque les parties au procès sont civiles ».

Rappelons que Amina Mansour, blogueuse et défenseure des droits humains, a indiqué que le parquet militaire a ordonné de la poursuivre et de l’entendre pour avoir posté, sur sa page Facebook, une publication dans laquelle elle critique le Président de la République . Elle a, dans ce sens, déclaré « n’avoir pas porté atteinte à la dignité du président de la République, ni tenu des propos diffamatoires à son encontre ».

Plusieurs arrestations et plaintes ont eu lieu ces derniers temps contre des blogueurs; certains d’entre eux ont été traduits devant la justice militaire pour des posts publiés sur Facebook.

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