Un chat dans un sac !

Un nouveau parti, après avoir fait sien, et sans l’approbation de personne, un label qui appartient à tout un peuple, fait aujourd’hui du marketing sauvage en appelant, via Internet, des clients virtuels à venir dans sa boutique, sans que personne ne sache quoi que ce soit sur la marchandise qu’on y vend, ni sur les patrons de la boîte. Tout ce qu’on propose pour le moment, c’est une enseigne et un slogan. C’est peu, très peu, pour fonder un commerce, fût-il politique !

Un parti sans programme, dont on ne connaît pas officiellement l’équipe dirigeante (alors que les candidats sont légion) et qui se défend pudiquement d’avoir un leader (alors que tout le monde le connaît), voilà ce qu’on appelle, dans notre parler tunisien, un « qattous fi chkara » (un chat dans un sac) !

Entrez dans la boutique : c’est une militante du futur parti qui, induite par un journaliste qui l’interviewait, a utilisé « hanout » et vous verrez ensuite ce qu’il y a à venir à moins que vous ne trouviez rien du tout en fin de compte. Et cela, on l’appelle dans notre dialectal, « Hell essorra telqa khit » (Ouvre le sac et tu n’y trouveras qu’un fil) et le marketing sauvage qui y mène s’appelle : « Acheter le poisson, alors qu’il est encore en mer » (echri l’hout wouhoua fel b’har).

Dans tous les cas de figure, on ne peut pas ne pas se poser de questions. Car on ne cache pas sa marchandise quand on veut la vendre, à moins qu’on ne veuille faire durer le « suspense », qui est aussi une stratégie de marketing fort valable si l’on est certain, évidemment, que le produit va casser la baraque.

Sinon, cela va ressembler à cette fameuse campagne de publicité, menée par Adel Imam dans un film célèbre, à propos d’un « fankouch » que l’on ne trouvera nulle part, mais qui fera beaucoup de bruit auprès de clients potentiels auxquels on fait miroiter un mirage.

J’espère bien me tromper, et que cette nouvelle boutique, une fois munie de sa « patente », viendra concurrencer sur le « souk » de la politique tous les commerces déjà en activité, et qui ne font que vendre du vent aux navires (tbii ferrih lelmrakeb), sans pour autant que le « Bateau Tunisie » ne bouge d’un iota !

Adel LAHMAR
Tunis-Hebdo du 04/03/2019

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