Je ne vous aime pas !

Voilà, en guise d’avance sur la Saint Valentin, une déclaration de désamour à l’attention de personnes publiques ou anonymes qui se reconnaîtront facilement.

Je n’aime pas ceux qui me sourient au visage et me poignardent dans le dos.
Je n’aime pas ceux qui changent de veste et «tournent avec le vent».
Je n’aime pas ceux qui ne font pas ce qu’ils disent, ni ceux qui parlent à propos de ce qu’ils ne font pas.

Je n’aime pas les fanfarons, les grandes gueules et les autres paons d’occasion.
Je n’aime pas ceux qui, dans leur jeunesse, ont fait les quatre cents coups et s’érigent, aujourd’hui, en donneurs de leçons.
Je n’aime pas ceux qui chantent toujours la même chanson, au nom de la continuité ou de la tradition.

Je n’aime pas ceux qui se fabriquent un passé sur mesure, pour embellir un présent immonde.
Je n’aime pas ceux qui se taisent lorsqu’on leur marche sur le pied, et parfois même sur les deux pieds.
Je n’aime pas ceux qui cachent leur intérêt personnel derrière une fausse grande cause.

Je n’aime pas ceux qui tirent sur tout ce qui bouge, mais ne font rien pour faire bouger les choses.
Je n’aime pas ceux qui ont pour maxime «Faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais !».
Je n’aime pas ceux qui ne pensent qu’à sauver les apparences et passent à côté de l’essentiel.

Je n’aime pas ceux qui s’aplatissent lèchent les bottes et ne cessent de remuer la queue pour un os jeté par le maître…
Je n’aime pas ceux qui se remplissent les poches et le ventre, et viennent à la télé parler au nom du peuple.
Je n’aime pas ceux qui sèment le vent et laissent les autres récolter la tempête.

Je n’aime pas les menteurs professionnels de la politique, ni les vendeurs de rêves éphémères à des électeurs désespérés.
Je n’aime pas les beaux-parleurs qui noient leurs mauvaises intentions dans un flot de phrases mielleuses.
Je n’aime pas les médiocres, et surtout lorsqu’ils se doublent d’arrivistes avides de pouvoir.

Je n’aime pas les magouilleurs qui trempent dans toutes les sauces, pour les besoins de leur cause.
Je n’aime pas ceux qui étalent leur richesse (souvent mal acquise) et leur mauvais goût (plus que certain) sous le regard des pauvres gens.
Je n’aime pas les adeptes du double langage et les amateurs du double rôle.

Je n’aime pas les béni-oui-oui qui cautionnent tout par un simple hochement de tête.
Je n’aime pas les politiciens qui se chamaillent, se bagarrent, s’entretuent à propos de tout, sauf la cause du peuple.
Je n’aime pas… je n’aime pas… Ah ! Qu’est-ce qu’on peut ne pas aimer dans notre monde ci-bas (et si bas aussi).

Quel soulagement de pouvoir le dire quand on le peut ! Mais quelle frustration lorsqu’on ne peut le crier tout haut au visage de ceux que l’on n’aime pas, et ils sont plus nombreux, bien sûr, que les quelques spécimens de la liste ci-haut dressée !

Maintenant, et pour compléter la liste, c’est à vous, chères lectrices, chers lecteurs de vous soulager :
«Je n’aime pas…………………………………….».
«Je n’aime pas…………………………………………………».

Adel LAHMAR
Tunis-Hebdo du 28/01/2019

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