Partageons ces voeux pour notre Tunisie plurielle !

CP : AFP
Que seraient des voeux sans l’action qui les poursuit et les concrétise? Que seraient nos voeux s’ils étaient destinés, condamnés à rester des souhaits pieux assortis de bonnes intentions?
En ce début d’année, ces questions se posent et nous invitent à réaliser nos aspirations et résolutions dans le réel, à nous mobiliser pour que demain soit un meilleur horizon pour tous.
La Tunisie plurielle soit se réveiller de sa léthargie et ramener le pays dans le giron du progrès. La Tunisie plurielle, c’est
toutes celles et ceux qui, épris de modernité et de fraternité, joindront leurs énergies pour sortir de la périlleuse ornière dans laquelle plusieurs années de mensonges et de bricolages nous ont enfoncé.
La Tunisie plurielle, c’est celle qui, depuis l’indépendance du pays, a subi les assauts de deux intégrismes anachroniques. Le premier aux couleurs du nationalisme arabe réfutait toute autre identité au peuple tunisien. Le second aux couleurs de l’internationaliste islamiste continue à saper les fondements de l’Etat républicain, au nom d’une pensée sectaire, rétrograde et obscurantiste.
La Tunisie plurielle a toujours courbé l’échine, subi les attaques concertées de toutes les myopies identitaires. Notre constitution de 1959 qui, avec Bourguiba et ses compagnons, ouvrait la voie à cette Tunisie plurielle, a été peu à peu vidée de sa substance, amputée de son projet.
Aujourd’hui dans cette Tunisie monolithique qui rêve de retrouver les communautés qui l’ont quittée, l’espoir reste permis grâce aux millions de bonnes volontés. Prise en tenaille par les agents de l’Orient compliqué, trahie par une classe politique inapte, se morfondant dans la crise, la Tunisie fait du surplace depuis la tragique parenthèse de la Troika de sinistre mémoire.
Ces voleurs de révolution, élus après un scrutin sur mesures en octobre 2011, n’ont pas d’autre projet que celui de détruire nos aspirations et instituer un totalitarisme au nom d’un Dieu trahi et de leurs émirs ploutocrates. Ces voleurs de révolution ont pour ennemi notre diversité qui les affole, notre joie qui les nargue et notre volonté inébranlable d’être dans le monde.
Ces voleurs de révolution ont la Tunisie plurielle pour ennemi. Mus par la haine et le ressentiment, ils cherchent à écraser ce qui nous rend singuliers pour instaurer un féodalisme d’un autre temps. Ils ne veulent pour le peuple tunisien ni éducation ni langues vivantes, ni bonheur ni esprit critique.
A l’aube de cette nouvelle année, ils sont en train d’emporter la mise. Ils sont parvenus à mettre à genoux la Tunisie plurielle et se réjouissent des départs massifs des forces vives vers d’autres cieux plus cléments et moins hypocrites. Ils vident maintenant la Tunisie de sa substance humaine après lui avoir volé son projet moderniste.
Bien sûr, ils affirmeront toujours le contraire et professeront l’exact opposé de ce qu’ils font véritablement à des médias complaisants et des partenaires qui ferment les yeux. Mentant comme des arracheurs de dents, ils se sont emparés d’un Etat, d’une religion dévoyée et d’un peuple pris en otage et ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin.
Devant une Tunisie plurielle effondrée et en manque de repères, ils pensent leur heure enfin arrivée: celle où ils usurperont, grâce à notre démobilisation, les pouvoirs locaux tout en passant par des urnes éberluées.
2018 est un tournant pour la modernité tunisienne, une année qui comptera à maints égards et qui pourrait apporter le renouveau ou la persistance dans l’écroulement des valeurs qui nous fondent.
Pour toutes ces raisons, je voudrais vous adresser mes vœux les plus classiques mais aussi souhaiter à notre Tunisie plurielle beaucoup de courage et de persévérance, plus d’engagement et moins de naïveté, de la vigueur et de l’ardeur, de la rigueur et de la ferveur.
Ce pays est le nôtre! Il est notre héritage commun et celui des générations à venir! Puissent-elles ne jamais vivre dans cet enfer maquillé en paradis par des bigots et des chasseurs de primes se présentant comme des idéologues et n’ayant que le totalitarisme pour projet.
Puisse 2018 sonner le tocsin pour que cessent les dérives et renaissent nos sursauts républicains pour que vive notre Tunisie plurielle.

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