Tunisie : Les habitants de la banlieue sud méritent mieux que le mépris de la SNCFT

A l’intérieur de la gare, les voyageurs s’impatientent. 30-03-2017 – Crédit photo : Imene Boudali

La gare centrale de Tunis a été de nouveau, hier, jeudi 30 mars 2017, le théâtre de scènes de chaos.

Des centaines de voyageurs, habitants de la banlieue sud, ont été bloqués, attendant près de deux heures, sans comprendre ce qui se passait.

Des trains qui partent sans prévenir les voyageurs, d’autres qui ne démarrent toujours pas, 40 minutes après l’horaire de départ, et fidèles à leurs habitudes aucun responsable de la Société Nationale des Chemins de Fer Tunisiens (SNCFT) ne prend la peine de communiquer quoi que ce soit, comme si les gens qui attendent ne sont que du bétail.

Les voyageurs commencent à se diriger vers l’administration. 30-03-2017 – Crédit photo : Imene Boudali

En allant vers l’administration au rez-de-chaussée pour réclamer une explication, les voyageurs ont été surpris par des portes ouvertes à qui viendra et des bureaux fantômes. Aucune personne à interroger, ni responsable à blâmer, tous ont déserté leurs bureaux dès l’agitation sur les quais.

Seuls deux jeunes hommes ont bloqué l’entrée aux autres bureaux et se sont contentés de répéter sans cesse « qu’ils ne savent rien et qu’ils ne sont au courant de rien ».

Tout ça à l’heure de pointe…

Les quais, toujours pleins à craquer, les hurlements et les « dégage » d’un autre coté, les chauffeurs qui commencent à se chamailler et s’écharper avec des jeunes, l’image traduisait parfaitement la pagaille. Et toujours pas de communication, par d’explications, pas d’informations, et les voyageurs continuent d’attendre…

Seul développement dans la situation : Des renforts sécuritaires ont été envoyés à la gare.

Pourquoi ce manque de communication ?

Pourquoi ignorer les voyageurs ? Les habitants de la banlieue sud de Tunis, habitués du train, blâment l’absence de communication de la part de la SNCFT. Indifférence, irresponsabilité, manque de respect par rapport aux usagers, c’est le ressentiment général qui ressort à chaque retard ou blocage.

Où sont les responsables, les chauffeurs, les contrôleurs lorsqu’il s’agit d’informer sur des travaux, un accident ou une grève soudaine ? Pourquoi, par exemple, laisser attendre les gens 10 ou 15 minutes dans le train le matin, sans aucune information ?

Pourquoi ne pas informer quand un train est subitement et sans la moindre alerte, supprimé et qu’il y aura un vide de 25 minutes ? Contrôler les tickets chaque matin, c’est bien, mais respecter les voyageurs et les traiter comme de véritables clients fidèles, c’est encore mieux.

Webdo a tenté de joindre Hassen Miaadi, directeur de communication à la SNCFT, dans l’espoir de trouver une réponse à ces questions, sans succès.

Les quais remplis. 30-03-2017 – Crédit photo : Imene Boudali

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