Le calvaire d’une garderie scolaire avec l’administration

Tribune | Nahla Gaaya

club mendes france 2

Aujourd’hui, la situation de la garderie « Club Mendès France » est au delà du délicat. Nous avions tous les papiers favorables, alors que la garderie a été fermée.

Jeune diplômée j’ai choisi d’investir mon argent dans mon pays et j’ai décidé en août 2016 de créer mon entreprise et d’investir des sommes très importantes dans un petit projet de garderie à Mutuelleville.

Après la location d’un local, avec un contrat détaillant l’usage, les aménagements et espaces loués, et deux mois de travaux d’aménagements pour mise en conformité au cahier des charges du ministère des Affaires de la Femme et de la Famille et malgré des procédures judiciaires à l’encontre du propriétaire et un conflit rugueux avec le frère de ce dernier j’ai obtenu mon agrément.

Durant toutes ces procédures judiciaires, que j’ai gagnées, j’étais en contact avec les agents du ministère des Affaires de la Femme et de la Famille qui étaient informés de la situation et compréhensibles alors. La dernière exécution judiciaire, l’aménagement du jardin, a du se dérouler en présence de la police et d’huissiers pour une mise en conformité définitive des lieux et l’obtention de mon agrément.

Entretemps, je découvrais après, qu’une procédure venant du ministère et transmise au Gouverneur de Tunis était engagée pour un ordre de fermeture du Club. Cet ordre de fermeture du Gouverneur transmis à la police fut exécuté le jour même en présence du personnel, alors que l’agrément avait été acté quelques jours avant et produit par le ministère le lendemain de cette fermeture.

Je suis donc allé immédiatement au ministère où mon agrément a été confirmé avec une lettre favorable à ma réouverture pour le Gouverneur de Tunis. L’ensemble du dossier a été remis au Gouverneur le 10 février 2017, à travers le bureau d’ordre du gouvernorat pour annulation immédiate de l’ordre de fermeture et reprise de mon activité.

ma7dher ta7wize copy 1

A ce jour le dossier est toujours bloqué et mon club est fermé. J’ai respecté toutes les procédures, subis plusieurs procès, fermé comme demandé mon club mais aujourd’hui je laisse mes employés à la rue, je subis une perte financière considérable, j’ai perdu tous les clients de mon nouveau projet et suis dans une situation personnelle et familiale très délicate.

Là je suis devant le fait qu’en Tunisie on n’encourage pas les jeunes diplômés, ce n’est pas vrai, vous savez ce qu’on fait : on les détruit. Il est évident qu’après mes heures passées ces dernières semaines dans les couloirs du ministère ou du gouvernorat, la volonté de nous soutenir n’y est pas, bien au contraire certaines pressions semblent plus efficaces que les démarches légales. La justice a reconnu mes droits, le ministère a autorisé mon activité et le gouverneur a transmis et fait exécuté un ordre de fermeture.

Tout a été fait dans les règles de l’art. On attend quoi pour exécuter la décision de réouverture ? Beaucoup de choses ne sont pas claires. La réponse stéréotype : « c’est la procédure administrative » ou « Monsieur le gouverneur n’a toujours pas signé » et pourtant l’ordre de fermeture abusif, demandé par le ministère, à la surprise de certains agents en charge de mon dossier, a été produit et exécuté dans les plus brefs délais sans qu’aucun agent du gouvernorat ne soit venu constater les faits sur place et sur dossier.

L’administration est-elle faite pour faciliter ou pour bloquer ?

Commentaires: