Attaque d’Orlando : Le deuil sélectif des Tunisiens

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Une fusillade, survenue dans le Pulse, discothèque gay à Orlando aux USA (Floride), dans la nuit de samedi à dimanche, a fait 50 morts et au moins 53 blessés. Il s’agit de la plus grave fusillade de l’histoire moderne des Etats-Unis.

Revendiquée par l’organisation terroriste Daech, l’attaque a été perpétrée par un certain Omar Mateen, citoyen américain de Port Saint Lucie en Floride d’origine afghane.

Du président américain Barack Obama, aux artistes et sportifs, le monde entier a dénoncé cet acte barbare et a pleuré les victimes, chacun à sa façon.

Ce qui est à remarquer c’est qu’en Tunisie, seules quelques réactions ont été enregistrées : l’ancien président de la République Moncef Marzouki s’est exprimé sur sa page Facebook officiel et a indiqué que la fusillade d’Orlando devrait être dénoncée de la même façon que les attaques du Bardo, Falloujah ou Idleb parce que, selon lui, toutes les victimes sont innocentes et ont payé le prix de crimes qu’ils n’ont pas commis.

De même, l’association Shams pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie a publié un communiqué dans lequel elle « condamne vivement le terrorisme islamiste contre les gays américains et exprime sa totale solidarité avec les familles des victimes et avec la communauté LGBT américaine ».

Le parti Ennahdha a de son coté, dénoncé cette attaque soulignant que l’assaillant ne représente pas le vrai musulman.

Silence absolu

Silence absolu. La raison ? Parce que les victimes sont des homosexuels ? Les commentaires et les publications de quelques internautes tunisiens quant à l’attentat terroriste d’Orlando montrent à quel point nous adoptons cœur et âme la compassion à géométrie variable.

S’il s’agit de victimes musulmanes, avec des traits, des dialectes et des croyances similaires aux nôtres, notre interprétation et nos réactions seront différentes. Mais dans ce cas là, il s’agit d’homosexuels, de personnes différentes de nous, et nous, nous avons peur du différent.

Mais il faut souligner que ce silence est le résultat d’une invisibilisation adoptée sur le plan international. Aucune réaction face aux atrocités contre les musulmans de Burma, contre les enfants irakiens, contre les femmes afghanes, contre les Africains qui meurent dans des attentats terroristes similaires sans que personne ne s’en prenne la tête. La sélection est aussi mondiale, il y a des victimes plus « importantes » que d’autres. Ces dernières sont les invisibles résultants du silence, de la compassion à géométrie variable et de l’invisibilisation..

I.B.

 

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