Attentat de Sousse : « Le temps de réaction de la police, là est le problème », lâche Habib Essid à la BBC

BBC - Essid

L’attentat, survenu vendredi dernier à Sousse, ne cesse de traîner une polémique, celle portant autour du temps d’intervention des forces de l’ordre. Certaines contradictions sont d’ailleurs remarquables entre les déclarations, supposées être officielles.

Vingt quatre heures après l’attaque terroriste, ayant engendré 38 victimes dont une majorité de britanniques, des témoignages ont entre autres, pointé du doigt le retard des forces de l’ordre.

L’un des témoins tunisiens, Amir Ben Hadj Hassine, a reporté la scène en détail indiquant que les forces de l’ordre ne sont intervenues que 40 à 45 minutes après le début de l’attaque.

Lors d’une conférence de presse de la propriétaire de l’hôtel, Zohra Driss, a délivré la même version que le ministère de l’Intérieur. Les deux affirmant qu’il n’y a pas eu de retard notable et que l’intervention des forces de l’ordre a eu lieu dans un temps record, entre 2 à 3 minutes après l’appel au secours de Zohra Driss.

Quant à l’opinion publique, elle balance entre reproches dirigés vers les forces de l’ordre et les agents de sécurité de l’hôtel.

Les témoins, habitant à proximité de l’hôtel ou présents sur place le jour de l’attentat, se sont déclarés étonnés du temps écoulé entre le début de l’attaque et la mort du terroriste sans l’intervention efficace des forces de l’ordre.

Autre son de cloche, dans une déclaration faite sur les ondes de Shems FM, le ministre de l’Intérieur, Najem Gharsalli, a épinglé la direction de l’hôtel qui n’a pas averti les forces de l’ordre à temps, selon lui.

« Il y a eu un dysfonctionnement commun dans le traitement de cette attaque entre le service de sécurité de l’hôtel et les forces de l’ordre », a-t-il déclaré. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Mohamed Ali Laroui a, de son côté, indiqué que les renforts étaient là 7 à 8 minutes après le début de l’attaque.

Mehdi Jemmali, un des témoins oculaires a signalé l’incroyable lenteur qu’il a fallu aux forces de l’ordre pour intervenir alors qu’ils avaient été prévenus tout de suite.

[pull_quote_center] »The time of the reaction – this is the problem, » Mr Essid told the BBC’s Richard Galpin. Police had been « blocked everywhere », he added.[/pull_quote_center]

Habib Essid, chef du gouvernement tunisien, a finalement pris une autre position, encore officielle, par rapport à l’attaque.

Lors d’une interview accordée à la BBC ce vendredi 3 juillet, il a déclaré que l’intervention des forces de l’ordre a été très lente lors de l’attentat de Sousse.

« Nous sommes vraiment désolés pour ce qui s’est passé », a-t-il dit, indiquant que « les 38 touristes tués étaient nos invités. Ils étaient venus passer leurs vacances avec nous, mais ce qui s’est passé est une horreur inacceptable ».

« Le temps de réaction, là est le problème […]. La police avait été bloquée partout » sans ajouter plus de précisions.

Afef Toumi

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