Shams, l’association défendant les droits homosexuels en Tunisie, poursuivie en justice

crédit photo : shams
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L’association Shams qui défend les droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels en Tunisie sera poursuivie en justice par la Présidence du Gouvernement.

Ayant obtenu son visa légal le 18 mai dernier, l’association Shams avait annoncé en grandes pompes « vouloir ouvrir un débat à hauteur nationale sur l’homosexualité et faire abroger l’article 230 du Code Pénal * tunisien.

L’association avait même estimé que l’obtention de son visa était une avancée dans la lutte contre l’homophobie en Tunisie.

L’obtention de ce visa avait suscité des réactions négatives. Et aujourd’hui, on parle même de poursuites judiciaires contre Shams pour avoir changé de nom après avoir obtenu son visa.

L’association « Shams » avait fait une demande de visa auprès de la direction générale des associations et des partis politiques, or, après l’obtention du visa l’association a été rebaptisée « Shams pour la défense des droits des homosexuels », selon Karim Mahdi, directeur général des associations et des partis politiques.

Dans une déclaration sur les ondes de Shems FM, Karim Mahdi précise que la Présidence du Gouvernement n’a pas accordé de licence à une association défendant les droits LGBT, parce que Shams n’avait pas mentionné le sujet de l’homosexualité lors du dépôt de dossier.

Il a ajouté que la confusion a été créée lorsqu’un membre de l’association a annoncé que Shams vise à défendre les droits des homosexuels. Ainsi l’association sera poursuivie, pour avoir changé de nom.

De son côté, les instances religieuses ont réagit par la voix du mufti de la République Hamda Saâyed qui a demandé le réexamen du visa accordé à cette association.

Dans un communiqué paru hier sur la page officielle de Dar al-Iftaâ, le mufti Hamda Saâyed considère qu’une association « défendant l’homosexualité, et propageant cette grave dérive des valeurs morales et de la nature humaine à travers les médias » est « une grave déviation par rapport aux règles universelles et naturelles, et une atteinte aux valeurs de l’Islam […] ».

L’association pour la promotion de la jeunesse en Tunisie (APJT) a, quant à elle décidé d’intenter un procès en référé auprès du tribunal de première instance de Tunis pour la dissolution de l’association Shams.

Selon l’APJT, cette association « va à l’encontre des principes de la Constitution et du décret-loi portant organisation des associations ».


* L’Article 230 du Code Pénal prévoit que : « La sodomie, si elle ne rentre dans aucun des cas prévus aux articles précédents, est punie de l’emprisonnement pendant trois ans ».

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