Tunisie : 31 journalistes agressés en mars, selon le CTLP

L’Observatoire de Tunis pour la liberté de la presse a publié, lundi 13 avril, son rapport sur les agressions dont ont été victimes les journalistes tunisiens au cours du mois de mars. Ce rapport révèle que 24 agressions ont été commises contre 31 journalistes tunisiens au cours du mois de mars.

Dans son rapport, le CTLP souligne pourtant que « des efforts avaient été fournis pour améliorer le dialogue entre sécuritaires et journalistes. Mais qu’au cours de l’opération du Bardo le 18 mars dernier, « l’agacement » est réapparu« .

Des agressions qui ont eu lieu sur les journalistes pour « les empêcher de rapporter l’information sous prétexte de « freiner le cours des recherches ou des opérations sécuritaires » ou risquer « la divulgation d’informations secrètes »« .

31 personnes agressées

L’Observatoire de Tunis pour la liberté de la presse a relevé 24 agressions sur des journalistes durant le mois de mars. Ces atteintes ont été portées sur 13 femmes journalistes et 18 hommes, exerçant pour 7 chaînes de télévision (TNN, Watania 1, Nessma TV, Hannibal TV, Telvsa TV, Al Jazeera et Al Âhd irakienne), 3 radios (MFM, la Radio Nationale et Mosaïque FM), 4 journaux (Echourouk, Akhbar Al Jomhouria, Ettounissiya et Essahafa), 3 sites web (Tanit Presse, Webdo et Journalistes sfaxiens), ainsi qu’un journaliste indépendant.

Durant ce mois, ont eu lieu 6 agressions verbales, 5 agressions physiques, 4 interdictions de travail, 3 poursuites judiciaires, 2 cas de harcèlement, 1 menace, 1 recherche sécuritaire et 1 ingérence dans la rédaction d’une entreprise de presse.

Les sécuritaires, premiers agresseurs

La liste des agresseurs de journalistes se multiplie. Les sécuritaires occupent la première position avec 5 cas de violation. Suivis de près par le ministère public et les fonctionnaires publics comptabilisant 4 violations pour chaque partie distincte. Au cours de ce mois, les citoyens ont commis 3 violations sur des journalistes.

L’Observatoire de Tunis comptabilise également 2 violations commises par les supporters d’une équipe sportive et par l’administration d’une entreprise de presse. Un cas de violation a été relevé par un journaliste, des partisans d’un parti politique, des fondamentalistes ainsi que le ministère de l’Intérieur.

Toutes ces agressions se sont regroupées à Tunis dans la capitale avec 16 cas, à Kasserine et Sousse avec 2 cas et Gafsa, Sidi Bouzid, Sfax et Nabeul avec 1 seul cas.

Protection des sources

Le centre de Tunis pour la liberté de la presse rappelle le décret de la loi 115 protégeant le secret des sources des journalistes dans l’exercice de leur fonction. Ces sources peuvent être révélées seulement sous l’autorisation d’un juge et si elles sont liées à la sécurité ou à la défense nationales.

[quote_box_center]Il ne peut être procédé à la violation du secret de ces sources directement ou indirectement que pour un motif impérieux de sûreté de l’Etat ou de défense nationale et sous le contrôle de l’autorité juridictionnelle, indique le décret en question.[/quote_box_center]

Recommandations

L’Observatoire de Tunis pour la liberté de la presse propose des recommandations pour stopper ces agressions.

  • Cesser de demander aux journalistes de révéler leurs sources en l’absence d’argumentaires objectifs
  • Procéder à la spécialisation de membres relevant du ministère public pour être chargés d’auditionner les journalistes accusés au cours de l’exercice de leur métier
  • Clore les dossiers de plaintes présentés au ministère public contre les journaliste, dont l’objet est la diffamation pour la contradiction que cela constitue avec les procédures annoncées dans le Décret de la Loi 115
  • Mettre fin aux poursuites systématiques des journalistes par le ministère public sauf si ce dernier détient des preuves tangibles sur l’intention du journaliste de publier de fausses informations dans le but de porter préjudice à un tiers.

Laure-Hélène Bonenfant

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