La Libye ne pourra s’armer qu’après la réussite des discussions inter-libyennes

Armee libyenneLe gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale avait demandé le 4 mars dernier, au Conseil de sécurité des nations unies de lever l’embargo sur les armes en Libye afin de lui permettre de mieux lutter contre les groupes djihadistes en renforçant la capacité de l’armée libyenne.

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’était donné jusqu’à ce lundi 9 mars pour une décision. Mais l’Espagne a demandé que la demande soit mise de côté en attendant le résultat des efforts de médiation de l’émissaire de l’ONU Bernardino Leon, qui tente de convaincre les factions libyennes de constituer un gouvernement d’union nationale.

Sept des 15 membres du Conseil de sécurité ont en effet bloqué la demande libyenne. La demande espagnole a été soutenue par six autres pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Chili, Nouvelle-Zélande, Lituanie). La décision est désormais ajournée sine die.

Une commande pour 6 hélicoptères d’attaque, 150 chars T-72, une trentaine d’avions de chasse Sukhoi et MIGs et des dizaines de milliers de fusils d’assaut

Lors d’une réunion du Conseil le 5 mars, l’ambassadeur libyen à l’ONU Ibrahim Dabbashi avait réitéré la demande libyenne d’exemption après celles du 15 décembre et du 26 février, affirmant que son gouvernement en avait absolument besoin pour surveiller les frontières et protéger les champs pétrolifères.

Les demandes libyennes d’exemption concernent une commande à l’Ukraine pour six hélicoptères d’attaque et leurs munitions, 150 chars T-72 et une trentaine d’avions de chasse Sukhoi et MIGs. La seconde porte sur du matériel de provenance tchèque et serbe (notamment des dizaines de milliers de fusils d’assaut et de mortiers et leurs munitions).

Mais beaucoup de pays membres craignent que les armes livrées ne tombent entre de mauvaises mains et souhaitent que soit d’abord constitué en Libye un gouvernement d’union nationale.

Les experts de l’ONU soulignent que le matériel demandé « est destiné à équiper un grand nombre de soldats…

Dans une lettre datée de vendredi, l’équipe d’experts de l’ONU chargé de superviser l’embargo souligne que le matériel demandé « est destiné à équiper un grand nombre de soldats, alors que la composition des forces armées libyennes est peu claire ».

Tout en reconnaissant que le gouvernement libyen « fait face à des défis sécuritaires exceptionnels », les experts font part de « leurs inquiétudes sur les risques de détournement du matériel militaire », en particulier les tanks et les armes individuelles. Ces armes pourraient être transférées à des milices après livraison, ou des miliciens pourraient s’en emparer à l’issue de combats, expliquent-ils.

Ils craignent aussi que les armes « ne servent dans des attaques sur des zones tenues par d’autres milices, qui ne sont pas des groupes terroristes », comme cela a été le cas quand le gouvernement a lancé des raids sur Tripoli et Misrata. Enfin, la lettre rappelle le risque de « pertes civiles » dans de telles opérations.

Des membres du Parlement rival doivent se réunir ce mercredi 11 mars au Maroc pour un nouveau round de discussions sous l’égide de l’ONU, tandis qu’une dizaine de leaders politiques négocieront ce mardi 10 mars en Algérie.

Livrée aux milices, la Libye est dirigée par deux Parlements et deux gouvernements rivaux, l’un proche de Fajr Libya qui contrôle la capitale Tripoli, et l’autre reconnu par la communauté internationale qui siège à Tobrouk (est).

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