La Libye veut se faire livrer 6 hélicoptères d’attaque, 150 chars T-72, 30 avions de chasse et des dizaines de milliers de fusils d’assaut

Soldat libyen - afp.com  Abdullah Doma
Soldat libyen | Photo AFP

Le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale a de nouveau demandé instamment, ce mercredi 4 mars, au Conseil de sécurité des nations unies de lever l’embargo sur les armes en Libye afin de lui permettre de mieux lutter contre les groupes djihadistes.

Selon l’ambassadeur libyen à l’ONU Ibrahim Dabbashi, qui intervenait devant le Conseil, le gouvernement a présenté une nouvelle demande d’exemption à cet embargo. Il s’agit, a-t-il précisé, de « renforcer la capacité de l’armée de l’air libyenne, de surveiller le territoire et les frontières du pays afin d’empêcher les terroristes d’atteindre les champs et les installations pétrolifères ».

Une commande pour 6 hélicoptères d’attaque, 150 chars T-72,
une trentaine d’avions de chasse Sukhoi et MIGs
et des dizaines de milliers de fusils d’assaut

Selon des documents auxquels l’AFP a eu accès, les demandes libyennes d’exemption qui doivent passer par un Comité des sanctions qui dépend du Conseil, ont été adressées le 15 décembre et le 26 février au Comité. La première concerne une commande à l’Ukraine pour six hélicoptères d’attaque et leurs munitions, 150 chars T-72 et une trentaine d’avions de chasse Sukhoi et MIGs.

La seconde porte sur du matériel de provenance tchèque et serbe (notamment des dizaines de milliers de fusils d’assaut et de mortiers et leurs munitions). Les membres du Conseil se sont donné jusqu’à lundi 9 mars pour prendre une décision.

Selon des diplomates, les membres du Conseil sont réticents à lever l’embargo, en vigueur depuis février 2011 de peur que les armes livrées ne tombent entre de mauvaises mains, mais ils n’excluent pas un certain assouplissement des conditions d’exemption. Ils souhaitent cependant que soit d’abord constitué en Libye un gouvernement d’union nationale par le biais d’un dialogue politique.

Pour l’ambassadeur libyen, « la lutte contre le terrorisme ne doit pas être l’otage du dialogue politique » mais les deux doivent être « menés en parallèle ».

[quote_box_center]

« On ne peut pas empêcher le gouvernement de se procurer les armes et équipements militaires nécessaires pour renforcer l’armée et en même temps critiquer ce même gouvernement pour ne pas être capable d’assurer la sécurité, de contrôler les frontières et de prévenir le prolifération des armes », a-t-il encore souligné.

[/quote_box_center]

Livrée aux milices, la Libye est dirigée par deux Parlements et deux gouvernements rivaux, l’un proche de Fajr Libya qui contrôle la capitale Tripoli, et l’autre reconnu par la communauté internationale qui siège à Tobrouk (est).

Nouvelle session de dialogue au Maroc entre les gouvernements rivaux libyens

Rappelons qu’une nouvelle série de séances de dialogue politique entre les parties libyennes a débuté ce jeudi 5 mars au Maroc. Selon la mission de l’ONU, les parties libyennes ont officiellement communiqué leur décision de prendre part au dialogue suite aux consultations étroites que le représentant spécial a mené avec le Secrétaire général Bernardino Leon lors de sa visite à Tobrouk et à Tripoli le 2 mars 2015.

Cette réunion, a expliqué, M. Leon, permettra de discuter de « propositions » portant sur trois points: la formation d’un gouvernement d’union nationale, « des arrangements de sécurité en vue d’un cessez-le-feu global » et la rédaction de la constitution.

« Etat de force majeure » sur 11 champs pétroliers après des attaques

Sur le terrain, la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a déclaré ce mercredi 4 mars « l’état de force majeure » dans 11 champs pétroliers du centre du pays, après la multiplication des attaques contre les sites de cette région qui rendent la production incertaine.

L’état de « force majeure », invoqué dans des circonstances exceptionnelles, permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole. La NOC a évoqué dans un communiqué les attaques perpétrées ces derniers jours notamment contre les champs d’Al-Mabrouk et Al-Bahi.

Des gardes des installations pétrolières ont annoncé mardi 3 mars que des islamistes radicaux s’étaient emparés de ces deux champs situés à quelque 200 km au sud de Syrte (environ 500 km à l’est de Tripoli).

La NOC a menacé par ailleurs de « fermer tous les champs et ports pétroliers » du pays si la sécurité ne s’améliorait pas sur les sites.

Commentaires:

Commentez...