Arrêtés pour avoir distribué des tracts, des boycotteurs des élections dénoncent une confiscation de la Révolution

Photo d'archive de la rencontre des boycotteurs des élections. Le 11 octobre 2014
Photo d’archive de la rencontre des boycotteurs des élections. Le 11 octobre 2014

A trois jours des élections législatives en Tunisie, trois hommes ont été arrêtés à la place Barcelone à Tunis par cinq agents de la police, en civil, vers 17h hier jeudi 23 octobre. Se revendiquant activistes, Béchir Haamdi, instituteur âgé de 40 ans, Nadhem Arbi, membre de la Ligue de la lutte de jeunesse (LLJ) et Mohamed Khalili Khmiri,étudiant, tous deux âgés de 25 ans, étaient en train de distribuer des prospectus pour appeler au boycott des élections législatives et présidentielles.

Trois journalistes de la chaine télé Canal+, qui les accompagnaient pour couvrir leur action, ont été arrêtés avec eux également.

Transférés au poste de police de Barcelone après avoir gardé leurs cartes d’identité, seuls les journalistes ont été relâchés vers 18 h. Par ailleurs,  les trois activistes n’ont été libérés que vers 23 h.

Interrogés pendant six heures

Pendant six heures, ils ont été interrogés par la police, dans un poste, celui de « Charles de Gaulle » : « Que faites-vous ? Pourquoi distribuez-vous ces feuilles ?… » La police leur a dit qu’une réunion « non autorisée » est interdite, faisant référence à une rencontre entre « boycotteurs » faite le 11 octobre dernier à Tunis.

Ils ont été « accusés » aussi d’avoir « distribués des tracs sans autorisation », nous rapporte Bechir Haamdi ce vendredi 24 octobre.

« Ils ont voulu connaître notre appartenance politique ‘intimaa’, sur la « Rencontre de boycott des élections », qu’on leur a expliquée, le nombre de tracts qu’on distribuait, combien de fois nous avions mené nos actions ainsi que les lieux, et on nous a fouillé », nous affirme M. Haamdi.

Ensuite, un PV a été rédigé. « La police nous a donné le papier à lire, en prenant notre temps, et nous avons signé. Nous n’avons pas été maltraités mais personnellement, je considère que cette arrestation est une confiscation de notre liberté, de notre liberté d’expression pour faire parvenir notre voix aux autres boycotteurs des élections », précise M. Haamdi.

Cette arrestation est un signe de « retour du système tyrannique et l’accusation est futile, sachant que nous sommes à trois ans de la Révolution, » s’est-il indigné.

Devant le procureur de la République à Bab Bnet

Les trois boycotteurs des élections attendent depuis 8h ce matin pour passer devant le procureur de la République pour « distribution de tracts et réunion non autorisée », nous a-t-il affirmé.

Invitation PR

Pour M. Haamdi, « les élections sont une mise en scène qui ne résoudra pas les problèmes essentiels à cause desquels le peuple tunisien s’est insurgé. Elles sont manipulées par les forces étrangères et en grande partie légitiment le retour de l’RCD au pouvoir et une alliance avec Ennahdha. »

 

Par Lilia Weslaty & Mariam Bribri

Commentaires: