L’ECC donne sa version des faits au sujet de l’hôpital privé offshore à El Hamma

Le site d’information Webdo.tn a publié le 29 septembre 2014 un article concernant le projet European Cancer Centers – Tunisie (ECC – Tunisie) intitulé «Des routes coupées à El Hamma : Confusion autour du cancéropôle offshore à Gabès».
Nous souhaitons exercer notre droit de réponse à cet article et compléter les informations déjà transmises par ECC – Tunisie, par ailleurs documentées par écrit dans le projet de Convention d’investissement liant ECC – Tunisie et l’Etat Tunisien, ainsi que dans les échanges d’emails avec les membres de la Commission Interministérielle des Grands Projets.

Concernant les propos attribués à M. Sami Ben Kraiem, du bureau de presse de la Présidence du Gouvernement tunisien :

Selon Webdo.tn, M. Kraiem aurait déclaré que le projet ECC – Tunisie « fait partie des grands projets étudiés par la Commission Supérieure des Grands Projets » et que « ce projet est toujours au stade d’étude et qu’aucun refus n’a été notifié jusqu’à présent ».Nous avons cependant appris le même jour que M. Abderrazek Ben Khelifa, Secrétaire d’Etat aux affaires régionales et locales s’était exprimé sur une chaine TV Tunisienne afin de déclarer que « le projet d’El Hamma était impossible à réaliser faute d’investissement et de clientèle ayant le pouvoir d’achat requis ».

Enfin, la chaine Watania 1 a dans son journal du 20h du même jour, présenté par le journaliste Lotfi Haddad, fait part d’un Communiqué du Gouvernement tunisien indiquant que « le projet de la clinique privé de Khebayet n’est pas refusé. Cependant le projet ne dépend pas de la Commission des grands projets et doit être traité dans la filière normale des projets privés selon la règlementation en
cours ».

Ces différentes communications sont contradictoires et engendrent de nombreuses rumeurs qui provoquent des incompréhensions.
Nous tenons à préciser que nous n’avons reçu aucune communication officielle du Gouvernement tunisien venant confirmer ces propos et qu’aucun communiqué officiel n’apparait sur le site web du Gouvernement tunisien.

Nous sommes donc toujours en attente d’une réponse du Gouvernement tunisien concernant le veto
exercé par le Ministre de la Santé Publique à l’encontre du projet ECC – Tunisie.

Concernant la nationalité du Docteur Marc Keller :

L’article publié par Webdo.tn indique par ailleurs que « L’un des investisseurs de la région se fait appeler Mark Keller et que son nom tunisien serait Riadh Khedher ».
Nous tenons à préciser que le Docteur Marc Keller n’est pas « l’un des investisseurs de la région » mais le Vice-Président des Affaires médicales et sociales de ECC. Le Docteur Marc Keller, né à Tunis, est de nationalité tunisienne et française. Spécialiste en cancérologie et engagé dans l’action humanitaire, il coordonne la 1ere Alliance des ligues francophones Africaines et Méditerranéennes contre le cancer (ALIAM : 82 ONG issues de 28 pays. Voir http://www.aliam.org/).
Sa biographie est consultable sur le site web de ECC et accessible à tous.

Concernant « l’avis citoyen d’un docteur au sujet de ce cancéropôle » :

Nous nous permettons de rappeler au Docteur Samir Abdelmoumen que la santé publique en Tunisie est régie par de nombreux textes de loi, qui garantissent l’état de droit et la démocratie.
Le projet ECC – Tunisie respecte scrupuleusement l’ensemble de ces dispositions législatives et les décrets d’application afférents. Le Projet ECC – Tunisie est fondé sur le respect de la déontologie et de l’éthique médicale, avec la caution d’un Comité Scientifique international.

Le Docteur Samir Abdelmoumen indique que « 300 carcinologues » sont nécessaires pour faire « démarrer » ce projet, ce qui va « vider tous nos hôpitaux de nos compétences…pendant les 10 prochaines années » :

  • Le chiffre de 300 embauches mentionné par ECC – Tunisie correspond à l’ensemble du personnel médical, para-médical et administratif du Centre
  • Le chiffre de « 300 carcinologues » évoqué par le Docteur Abdelmoumen correspond, selon les standards internationaux, à une capacité de traitement de 95 000 patients par an alors que la capacité maximale de traitement du ECC – Tunisie est de 6 000 patients par an

Le Docteur Samir Abdelmoumen nous questionne par ailleurs sur le fait que nous n’investissons pas
dans « la cardio interventionnelles avec des « cath labs », la radio interventionnelle pour les embolisations vasculaires des malades qui saignent, la neuro chirurgicale, les greffes et la gynéco et neo nat ». Comme évoqué à de nombreuses reprises, nous rappelons que notre structure est
spécialisée dans la lutte contre la pathologie cancéreuse et ne dispose pas des compétences pour
traiter d’autres pathologies.

Enfin le Docteur Samir Adelmoumen indique que l’objectif d’ECC – Tunisie est de « piquer [les]
matières grises que le peuple a formé de son sang et sueurs sur des générations ».
L’objectif d’ECC – Tunisie n’est pas de diminuer les ressources du secteur public mais bien au
contraire de les renforcer :

  • Il n’existe aujourd’hui qu’un seul Centre anti-cancer en Tunisie, des investissements importants doivent être réalisés afin de favoriser le développement de la formation et des compétences
  • ECC – Tunisie a pris l’engagement de mettre en place un programme de formation conduit par les plus grands experts internationaux pour aider le personnel médical et para-médical tunisien à développer ses compétences
  • ECC – Tunisie a également pris l’engagement de développer un partenariat public-privé afin de lancer des programmes conjoints de formation en cancérologie avec les universités tunisiennes et européennes

Concernant la dénomination de « Cancéropôle offshore » :

Le titre de cet article qualifie le projet ECC – Tunisie de « Cancéropôle offshore ».
Aussi nous tenons à rappeler les informations transmises dans notre droit de réponse publié le 22
septembre, consultable sur notre site web :
« A la demande des Institutionnels tunisiens, l’ECC – Tunisie sera soumis à un statut offshore tel que
défini par le décret 2002-545 du 5 mars 2002. Ce statut limite la proportion de patientèle tunisienne à 20% de l’activité du Centre (ECC a demandé une dérogation pour 50% en faveur des patients tunisiens: refus des Institutionnels).
Cette décision est liée à l’incapacité de la CNAM à prendre en charge le remboursement des traitements de radiothérapie sur accélérateurs de particules de patients tunisiens dans une proportion dépassant les 20% d’activité du centre. Et ce même si la part de remboursement effectuée par la CNAM sur ces traitements est limitée à environ 20%, et qu’ECC s’est par ailleurs engagé à s’aligner sur les prix actuellement pratiqués parles2 centres privés pluridisciplinaires disposant d’une offre de radiothérapie haute énergie en Tunisie. Cette situation est justifiée par les contraintes budgétaires qui pèsent sur l’Etat Tunisien et l’allocation des ressources publiques vers d’autressecteurs jugés plus prioritaires que la santé ».

ECC – Tunisie a par ailleurs rappelé dans ce droit de réponse engagement de créer « une Fondation caritative indépendante destinée à soigner les plus démunis. ECC a pris l’engagement formel d’apporter une dotation annuelle de 800 000 euros au budget global de 5 millions d’euros de cette Fondation, ce qui permettra de prendre entièrement en charge le traitement du cancer de 1000 patients démunis par an ».

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