Sur fond de crise libyenne, les bâtiments de guerre de l’OTAN en escale à La Goulette

La situation confuse et explosive que traverse le voisin libyen, a mis tout le monde sur «le pied de guerre». Quasiment toutes les ambassades occidentales ont fermé leurs portes et évacué leur personnel.

NATO a ship - à La Goulette - Ahmed Kaaniche
(crédit photo / Ahmed Kaaniche)

De nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis ont appelé leurs ressortissants présents en Libye à quitter immédiatement le pays et ont décidé de déployer, au large des côtes libyennes, l’USS, un navire d’assaut amphibie, avec à son bord un millier de Marines prêt à intervenir pour évacuer les citoyens américains si la situation dégénère. A ce millier de Marines, les États-Unis en disposent également de 250 autres positionnés à Sigonella (Sicile), et un arsenal militaire.

Ce déploiement et toutes ces mesures entrent dans le cadre de la situation «instable» et «imprévisible» qui prévaut en Libye, selon les termes du Département d’Etat US. Une Libye au bord de la guerre civile et où deux clans se sont formés, les libéraux menés par le général Khalifa Haftar et les islamistes guidés par Abdelkrim Belhaj et le groupes jihadiste d’Ansar Charia.

Les deux camps vont-ils s’affronter ? C’est la question que tout le monde se pose même si cet affrontement est devenu inévitable, selon les analystes.

Khalifa Haftar peut compter sur le soutien des Occidentaux du moins officieusement. Ce général à la retraite, longtemps exilé aux Etats-Unis, a lancé le 16 mai dernier, une campagne baptisée « Dignité » contre plusieurs milices islamistes qu’il accuse de « terrorisme » et appelé à la dissolution du parlement élu. Ayant obtenu le ralliement de plusieurs unités de l’armée, il a exigé la formation d’un « Conseil présidentiel » civil, avec pour mission de conduire une nouvelle période de transition.

Lui qui avait pris part à la révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, prétend avoir un « mandat du peuple », mais les autorités de transition l’accusent de « coup d’Etat » à commencer par Abdelhakim Belhaj, officiellement président du parti Al-Watan, mais qui dirigerait en sous-main plusieurs milices islamistes armées radicales implantées à Tripoli.

C’est dans ce contexte que cinq bâtiments de guerre appartenant à la flotte de l’OTAN ont accosté ce matin au port de La Goulette, selon MFM. La présence de ces navires en Tunisie pourrait s’expliquer par le renforcement de sa présence défensive dans le bassin méditerranéen, la Libye n’étant qu’à quelques miles de Tunis.

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