« Liberté pour Mourad Meherzi », clame Reporters sans frontières

Mourad Meherzi (photo - skyRequest)

Arrêté dimanche dernier vers 23h30 à son domicile par la brigade criminelle et placé en garde à vue, Mourad Meherzi, cameraman d’Astrolab TV est poursuivi pour avoir filmé et diffusé les images d’un jet d’œuf sur le ministre de la Culture, Mehdi Mabrouk, le 16 août dernier lors de la commémoration à Tunis du quarantième jour du décès de l’artiste Azzouz Chennaoui.

Il est aujourd’hui accusé de complicité, avec le réalisateur Nasredine Shili, qui a jeté l’œuf et qui a depuis été arrêté. Hier, le procureur du tribunal de première instance de Tunis a décidé de son maintien en garde à vue. Il devrait être présenté aujourd’hui devant un juge d’instruction.

Dans un communiqué, Reporters sans frontières s’est insurgé contre «cette affaire qui constitue un incident particulièrement inquiétant pour la liberté de l’information en Tunisie et qui risque d’avoir de graves conséquences sur le travail des professionnels des médias».

RSF estime que le placement et le maintien en garde à vue d’un professionnel de l’information au prétexte qu’il a filmé et diffusé des images, quand bien même celles-ci seraient compromettantes pour un personnage public, est non seulement inacceptable, mais également contraire aux lois tunisiennes.

RSF rappelle que le décret-loi 115-2011, qui régit le travail des professionnels des médias, ne prévoit aucune sanction pour ceux d’entre eux couvrant un événement, officiel ou non. Le nouveau code de la presse prévoit au contraire dans son article 13 qu’un professionnel de l’information « ne peut être poursuivi pour son travail à moins que la violation des dispositions du présent décret-loi ne soit prouvée ».

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