A Carthage, même les palmiers ont perdu la tête…

A Carthage, même les palmiers ont perdu la tête
Etrange spectacle, sur le boulevard de Carthage, à hauteur de l’Académie et aussi un peu plus haut.

Des palmiers étêtés auxquels il ne reste plus que le tronc, à défaut de palmes et de feuillage. Mystérieux et hiératiques, ces arbres bordent l’avenue, semblant silencieusement interpeller les passants.

Selon la rumeur, ils seraient malades. Pour d’autres langues déliées, et plutôt cyniques, les palmiers ont enlevé le haut, à l’image des Femen. Pour d’autres encore, ils auraient été décapités par des salafistes en colère.

Bref, chacun y va de son explication fantaisiste ou de sa spéculation. Quitte à extrapoler puisque, dit-on, depuis qu’au Palais de Carthage, les conseillers du président défilent à tour de rôle sur les medias, tout le monde semble marcher sur la tête. Alors pourquoi pas les palmiers ?

Quant au président qui vient de sauver sa tête d’un «impeachment» à la tunisienne, il devrait continuer à n’en faire qu’à son bon vouloir de père de ce qui reste de la nation.
Fier et altier, la Tunisie est son jouet et les destouriens sa tête de Turc kemaliste alors qu’il est plutôt crypto-islamiste.

Qu’à cela ne tienne, bille en tête, il persiste et signe : lui, sensé être le sage de la nation, il vote pour l’exclusion même si les palmiers en perdent leur feuillage.
Mais sait-il qu’il en est des palmiers comme des présidents ? Victimes des sécateurs, les premiers peuvent en perdre la tête.
Quant aux seconds, si jamais ils perdent la tête, c’est une peine plutôt capitale qui les attend ! Après un vote populaire s’entend !

Alors, en tête à tête, avec leurs rancœurs et compromissions, ils pourront continuer à se bercer d’illusions : l’un dans son exil doré au pays de Majnoun Leïla, l’autre en continuant sa dérisoire et résistible fuite en avant.

Au point où, face à leur commune petitesse, Bourguiba est redevenu le palmier de la nation. Dans sa tombe, il doit rire des Judas, Brutus, Machiavel et Tartuffe qui se bousculent au portillon. Et il doit se dire que, par les temps qui courent, à Carthage, même les palmiers ont perdu la tête !

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