Quand l’ANC veut détourner la décision du Tribunal Administratif pour accorder les primes aux députés !

rahouiL’Assemblée Nationale Constituante vit des moments difficiles et compliqués. Indépendamment des déclarations de l’un des représentants des Patriotes démocrates, M. Mongi Rahoui, le comportement et les réactions d’autres députés appartenant à Ennahdha sont d’une infinie désolation pour une institution censée représenter le peuple tunisien d’après la révolution.
Qu’a dit M. Mongi Rahoui en fait ?

Il a dit au quotidien « Echourouk » que l’ANC s’apprêtait à faire passer un texte de loi relatif à l’ANC en lui accordant une autonomie financière et administrative, et qui devrait permettre de rétrocéder à chaque député la coquette somme de 8.000 dinars et quelques 39.000 dinars pour la vice-présidente Maherzia Labidi. Il a ajouté que dans le contexte actuel, il refusait totalement cette rétrocession.

Il faut rappeler que cette transformation du statut juridique de l’ANC en lui accordant la personnalité morale, et donc l’autonomie administrative et financière, a été sollicitée par l’administration de l’ANC afin de « détourner » l’attribution de la fameuse prime de logement et de transport aux députés qui a été suspendue par une décision du tribunal administratif.

Cette déclaration a suscité la réaction intempestive du président du groupe parlementaire d’Ennahdha, M. Sahbi Atig, qui l’a condamné en montrant que les députés font preuve de cupidité en s’appropriant l’agent des pauvres, soulignant que les députés doivent faire preuve de sens de la responsabilité dans leurs déclarations.
A cette réplique de M. Sahbi Atig, M. Mongi Rahoui a confirmé ses déclarations mais il fut brutalement interrompu en raison de l’intervention de la part de certains de ses collègues qui lui ont coupé la parole.

Du coup, les travaux de l’ANC ont été levés. Mais, ce n’est pas tout puisqu’un échange d’invectives s’ensuivit dans les couloirs de l’hémicycle. Un enregistrement audio (Jawhara FM) a montré M. Mongi Rahoui dire « vous êtes cupides », ce qui lui a valu des répliques cinglantes comme «ces déclarations reflètent son niveau et sa moralité», puis il semble qu’une députée identifiée par la même radio, Mme Hajer Azaiez, est allée jusqu’à dire «Oui, nous vivions grâce à la richesse d’Al Watad. Tu n’a pas honte ! Que la malédiction de Dieu soit sur toi ! Nous pouvons t’acheter et te vendre, espèce de chien !…»

Ce qui est encore tout aussi inquiétant, c’est que le président de l’ANC, M. Mustapha Ben Jaafar, a, encore une fois, brillé par son absence ! C’est un fait qui a été relevé notamment par M. Issam Chebbi qui a signalé que son absence est devenue régulière surtout lors des discussions des projets de lois considérés comme cruciaux à l’instar de la loi relative à l’institution provisoire de la justice judiciaire.
Bref, la cacophonie n’est pas prête de s’achever…

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