Au Koweït, le Parlement étudie la possibilité de punir ceux qui insultent les Émirs golfiques

Désormais, plus personne n'osera se moquer du nez de l'Emir Sabah al-Ahmad al-Sabah - photo (lesclesdumoyenorient.fr - AFP)
Désormais, plus personne n’osera se moquer du nez de l’Emir Sabah al-Ahmad al-Sabah – photo (lesclesdumoyenorient.fr – AFP)
Au Koweït, pas très loin du Qatar, c’est le tollé ! Un nouveau projet de loi concernant les médias suscite de très nombreuses inquiétudes quant à sa portée future. Un projet, approuvé récemment par le Conseil des ministres et qui risque bien de mettre au pas les médias de ce pays. Un projet qui menace la liberté de presse et accroît leur étouffement. Un projet qui pourrait même donner de «mauvaises» idées à d’autres pays. Un projet qui vient renforcer un autre projet déjà à l’étude depuis le 5 décembre 2012 et prévoyant de punir tous ceux qui auraient la «mauvaise» idée de s’en prendre aux gouvernants des pays voisins comme le Qatar par exemple ! N’est-ce pas Monsieur Marzouki !

Lundi dernier, le gouvernement koweïtien a proposé ce projet de loi qui prévoit des amendes astronomiques contre tous ceux qui s’aventureraient à critiquer l’Emir du Koweït. Une esquisse de ce projet de loi prévoit même la sanction pour toute insulte envers émirs et dirigeants d’autres pays du Golfe.

La loi koweïtienne en question prévoit de nombreux barèmes allant d’une amende de 10.000 dinars koweïtiens (35.000 dollars) jusqu’à 300.000 dinars (1.050.000 dollars) et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement dans les cas gravissimes comme les insultes faites à la religion.

Dans le même esprit, les Koweïtiens n’auront plus le droit de critiquer l’Emir ou ses héritiers. Ils n’auront plus la latitude de diffuser ou publier ses déclarations sans une autorisation préalable de ses services. Ils n’auront plus la possibilité de publier les rapports de réunions ou documents jugés secrets, même si ceux-ci sont avérés. En fin de compte, ils n’auront plus le droit de s’«ingérer» dans les affaires de la famille régnante sous peine d’être «saignés à blanc».

En définitive, une loi qui pourrait facilement plaire aux monarques golfiques qui depuis le déclenchement du soulèvement arabe craignent pour leurs hégémonies et cherche à fortifier leurs immunités. En plus, la manne financière dont dispose ses émirats sera déterminante quant à persuader tous les régimes arabes qui subsistent grâce à leurs pétrodollars, de museler leurs médias et les empêcher d’émettre la moindre critique désobligeante à l’égard des Émirs et autres têtes couronnées. Déjà, bien avant cela, Marzouki, toujours à l’avant-garde, et le premier chef d’État arabe à vouloir exécuter ladite loi chez nous. D’où les menaces ouvertes et sans ambages qu’il a proférées contre tous ceux qui oseraient « se mesurer » au Qatar.

Commentaires:

Commentez...