Kasserine, dans l’attente interminable de ses 24.946.000 DT

Kasserine 4 mois aprs24.946.000 dinars, c’est, en principe, le budget d’investissement, inscrit dans la loi de finances 2012, consacré au gouvernorat de Kasserine. Ce budget serait resté à l’état de principe et le gouvernorat n’en aurait jamais vu la couleur si l’on en croit une enquête du site français Mediapart.

En 2012, la loi de finances a budgétisé des investissements au profit des régions les plus défavorisées et Kasserine en fait partie. Voulant retrouver la trace de ces investissements prévus, comprenant un complexe pour la jeunesse, des projets agricoles, un service d’urologie, Mediapart établit que ces projets ne sont, jusqu’à présent que… des projets. Rien n’aurait été concrétisé, pire même, aucun des fonds promis, n’aurait été véritablement alloué à la région et les caisses restent désespérément vides, d’après cette enquête.

Pourtant, les constituants ont bien voté en 2012 l’allocation de fonds destinés à l’infrastructure et à l’amélioration du quotidien des habitants de Kasserine, l’une des régions les plus dévastées sous les régimes de Bourguiba et de Ben Ali. Qu’est-t-il donc arrivé depuis pour que le gouvernorat n’en voit jamais la couleur ?

Dans cette enquête, Maher Bouazzi et Ridha Abassi, maire et maire adjoint, bénévoles de Kasserine, tentent d’éclairer Mediapart sur le pourquoi du blocage des fonds. «Le plus gros problème, c’est le gouverneur», déclare Maher Bouazzi. Le gouverneur de Kasserine, Mohamed Sidhoum, qui officiait à Jendouba auparavant avant de faire face au rejet de la population et d’être muté à Kasserine, refuserait tout contact avec la municipalité et les syndicats. Il refuserait même de signer les documents nécessaires au démarrage des travaux.

Le gouverneur, issu d’Ennahdha, qui aurait décliné toutes les demandes d’entretien de Mediapart, se plairait donc à retarder tous les projets votés par l’ANC, sans aucune raison valable. «Le gouverneur n’a sans doute pas envie d’entamer des travaux dont il ne pourra pas s’attribuer la paternité auprès de la population», explique Ridha Abassi, maire adjoint de la ville.

Kasserine souffre donc toujours des mêmes maux depuis l’indépendance. Un manque criard d’infrastructures, un seul hôpital pour toute la région, une eau courante inaccessible, des routes mal goudronnées et le néant culturel. Et Kasserine, devra donc, encore une fois, patienter !

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