Soirée électrique entre Beji Caid Essebsi et Samia Abbou

BCE-AbbouInvité de l’émission Attassiaâ Massa, présentée ce soir (le 4 avril) sur Attounissia TV, Beji Caid Essebsi s’est trouvé face à face avec la députée Samia Abbou au sujet du projet d’immunisation de la révolution qui vient d’être approuvé par la commission de la législation générale.

Lors de la discussion de ce projet en commission, Samia Abbou avait proposé de ménager les personnalités qui ont rendu des services à l’Etat dont Beji Caid Essebsi et Mohamed Ghannouchi en raison du rôle qu’ils ont joué avant les élections du 23 octobre 2011 et des responsabilités qu’ils ont assumées quand ils étaient à la tête du gouvernement provisoire.

Les commentaires font état d’une manœuvre de la part de la député pour se rapprocher de Nidaa Tounes et se soustraire aux poursuites engagées à son encontre après avoir accusé Beji Caid Essebsi d’avoir été derrière le meurtre de Chokri Belaid.

Pour se justifier, Samia Abbou a déclaré, dans l’émission, que son intention est sincère et que le but recherché à travers sa proposition est de réhabiliter, politiquement, les personnes qui ont servi l’Etat après la révolution du 14 janvier en dépit de leur implication dans les crimes politiques commis par l’ancien régime.
En ce qui concerne ses prises de position et ses déclarations se rapportant à Nidaa Tounes et à son fondateur, Beji Caid Essebsi, elle a déclaré qu’elles sont toujours les mêmes.

La réplique de Beji Caid Essebsi a été que ce projet est en violation avec la législation internationale qui interdit l’exclusion et les sanctions collectives et que son adoption n’est pas dans l’intérêt de la Tunisie qui a ratifié la convention internationale traitant de la question.

Il a rappelé que l’exclusion politique n’a vu le jour que dans trois pays. L’Allemagne sous le règne d’Hitler, l’Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid et le régime sioniste de l’Etat d’Israël. En procédant à son application, la Tunisie sera le 4ème pays dans le monde à y recourir.
Il a ajouté qu’il ne se sent pas concerné par le projet et que son seul souci est la préservation de l’image du pays dans le concert des nations.

Réagissant à cette réplique, Samia Abbou a fait savoir que le souci de Caid Essebsi est plutôt de faire revenir le RCD en rassemblant autour de liu des figures de l’ancien régime qui ont concouru à la politique de répression et aidé Ben Ali à se maintenir au pouvoir par la force.

Elle est allée encore plus loin en disant que la Tunisie a besoin de personnes capables physiquement et mentalement de prendre en charge la gestion des affaires publiques et conseillé Caid Essebsi de se retirer de la scène politique et de laisser la place aux jeunes.
Certes, elle a été moins arrogante que Walid Bennani qui a appelé à interner Caid Essebsi dans une maison de retraite, mais ses propos, placés dans ce cadre, ont été choquants.

Rétorquant à cette provocation, Caid Essebsi a indiqué que son âge avancé ne l’empêche pas de travailler dur et de se dépenser dans l’intérêt général ainsi que l’ont démontré les résultats lorsqu’il avait présidé le gouvernement provisoire.

Quant à la remarque concernant la résurrection du RCD à travers Nidaa Tounes, il a souligné que son mouvement compte en tout et pour tout 24 Rcédistes alors que dans d’autres partis on leur permet d’occuper des responsabilités de premier ordre.

Par voie de conséquence, il considère que le projet d’exclusion ne sera d’aucun impact sur la situation du parti et sa politique et n’affectera en rien son programme et ses actions.

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