Les Tunisiennes et l’amour : virginité taboue, mariage traditionnel et époux étranger

Mariage (photo - lily-liste.com)A quoi ressemblent les Tunisiennes d’aujourd’hui ? Et si elles semblent plus nombreuses à porter le voile qu’en est-il de leur vie amoureuse ?

Assistons-nous à un renouveau du mariage traditionnel ? Les mœurs tendent-elles à se libérer du carcan des usages ancestraux ?

Autant de questions auxquelles des observations empiriques, à défaut d’une enquête sociologique toujours reportée par les instituts compétents, peuvent apporter un début de réponse.

* La virginité demeure un sujet tabou. Il reste difficile d’en parler et un silence pesant entoure la question. Quel est le réel pourcentage de celles qui arrivent vierges au mariage ? Aucune réponse, sinon les remarques contenues dans l’excellent ouvrage de Nedra Ben Smaïl à ce propos.

* On parle, de plus en plus, de mariage coutumier et même, dans certains milieux de polygamie. Cette régression évidente par rapport au mariage civil demeure toutefois obscure, logiquement secrète et confinée à des milieux fondamentalistes.

* Si l’âge du mariage recule, l’institution du mariage se porte plutôt bien. On continue à se marier (puis à divorcer) à tours de bras. En général, ces mariages se veulent traditionnels et préservent le rôle classique des époux.

* Les Tunisiennes semblent rêver d’un mari étranger. C’est soit un cousin qui vit en Europe, soit un Européen de l’Ouest qui font figure de gendre idéal. Aux sociologues de se pencher sur cette tendance qui s’affirme de plus en plus.

* Le célibat est parfois un choix assumé. Beaucoup de Tunisiennes privilégient leur carrière et font une croix sur le mariage. Il s’agit d’une pratique liée au milieu (aisé et cultivé). A l’autre bout du tissu social, les phénomènes des mères célibataires et de la prostitution tendent aussi à s’amplifier.

Mêmes empiriques, ces remarques recouvrent de larges champs du réel. Il n’en reste pas moins que la vie amoureuse des Tunisiens reste un univers peu connu.
A quand un Rapport Kinsey à l’échelle nationale ?

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