« Reporters sans frontières » reçu par Moncef Marzouki

Le 8 janvier 2013, Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières, a rencontré le Président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, au palais de Carthage, selon un communiqué de l’organisation. Cette rencontre a été l’occasion pour l’organisation de faire part de sa préoccupation face aux reports successifs dont a fait l’objet, depuis plus d’un an, l’application du décret-loi 116-2011 et de lui demander de nommer au plus vite les membres indépendants de la Haute Autorité Indépendante de Communication audiovisuelle (HAICA). Le président Moncef Marzouki s’est engagé à procéder à la création de l’HAICA avant le deuxième anniversaire de la révolution, le 14 janvier 2013.

« Ses membres seront indépendants conformément aux critères qui ont été fixés pendant les deux mois durant lesquels j’ai reçu l’ensemble des représentants du secteur médiatique tunisien », a assuré Moncef Marzouki, sans nier les pressions politiques exercées sur le processus de concertation. « Je refuse le passage en force mais je fixe une ligne rouge », a déclaré le chef de l’État. « La priorité est de nommer des personnalités indépendantes, sachant que nous devons bâtir les réformes sur un bourbier, un chaos. Il en est sorti miraculeusement un réajustement que je crois positif. »

Selon des informations recueillies par Reporters sans frontières, les membres pressentis pour siéger à l’HAICA ont tous fait l’objet d’une enquête de police en vue de s’assurer de leur intégrité.

A l’occasion de la rencontre, Christophe Deloire, qui était accompagné de la responsable du bureau de RSF en Tunisie, Olivia Gré, a regretté le contexte tendu, voire violent, dans lequel évoluent aujourd’hui les médias tunisiens. A cet égard, il a souligné qu’en 2012, Reporters sans frontières a recensé des cas particulièrement nombreux d’agressions, de menaces de mort et de harcèlement. « Un sentiment d’insécurité grandit dans les rangs des journalistes, avec un retour de la peur », a déclaré Christophe Deloire.

Au cours de l’année 2012, le décret-loi 115-2011 (DL 115-2011), bien que promulgué et occasionnellement appliqué, n’a jamais permis de rendre justice aux journalistes victimes de violences physiques. Par ailleurs, aucune volonté politique manifeste de lutter contre le climat d’impunité dans lequel ces exactions se produisent n’est affichée. Le DL 115-2011 encadrant le travail des professionnels de l’information et régulant le système des médias, même s’il demeure imparfait, constitue pourtant un standard minimal de protection.

Commentaires:

Commentez...